Une Xbox, plus qu’un jeu

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Il y a dans un très loin souvenir, mais bien présent encore, une jeune fille voulant « la » console de l’heure : Nintendo! Une nouveauté durant ces années et papa et maman sont plutôt frileux face à cette méchante machine qui pourrait, ne sait-on, envoyer leur fille vers une addiction! En 1991, j’ai 11 ans! Voilà, je trahi mon âge, mais bien contente de dire que mes parents m’ont demandé de gagner cet objet. Comment? En passant les journaux! Que peut-on faire d’ailleurs d’autre à cet âge? Beau temps, mauvais temps, avec mon petit chariot, me voilà sur le marché du travail dans le but de me payer ce fameux Nintendo dont mes amis parlent! Doit-on mentionner ici que lorsque l’objet tant attendu est enfin arrivé, ma mère mentionna que le « fusil » manquait! Plus de 25 ans plus tard, mon fils de 7 ans me parle de Wii, de PS4, de Xbox, etc. Bon, il a déjà la Wii, qui a migrée chez papa…

Pour ceux qui m’ont lu avant, ma séparation n’est pas de tout repos… Surtout lorsque vous faites la rencontre de Monsieur X, trop tôt selon les « standards ». Les comportements de ma fille ont été, soit à mourir de rire (pour ceux non touchés), soit, extrêmement dommageables. Je me situe entre les deux. Mon nouvel amoureux, lui, est très compréhensif. Qu’en est-il alors de la rencontre des enfants avec le nouveau prétendant? Prenons le plus facile, le plus jeune, un garçon. Une virée aux Galeries de la Capitale, du mini-putt, plusieurs games d’arcades… Ouais, on l’a acheté! Mais plus tard, vient le quotidien, souper, école, autobus, et Monsieur  X est là. Au bonheur de mon benjamin.

Bon, bientôt 8 ans, je veux lui offrir une Xbox. Je regarde sans relâche les annonces car je ne peux lui offrir une console neuve. Monsieur X travaille aussi de son côté et me dit mardi dernier qu’il a trouvé! Qu’il a négocié, fait un détour dans le trafic, pour mon fils, pour voir son sourire. Alors, voici où je veux en venir. Il n’a pas voulu acheter mon fils, il n’a pas voulu m’impressionner, il a juste voulu être fin! Et quoi de mieux qu’une console de jeux vidéos et un bol de chips pour nouer des liens avec mon petit insécure.

Je me dis alors que malgré notre passé (nous en avons tous), malgré nos responsabilités, il se peut qu’un Monsieur X soit là,  qui joue avec notre fils. Qui fait trois parties de trash pack sans savoir les règles (et le laisse gagner) pendant que je fais à souper. Qui regarde religieusement son cartable de 850 cartes Pokémons et qui comprend que je ne peux lui accorder 100% de mon temps. Est-ce que c’est ça aimer?

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Passionnée de communication et d'écriture, le journalisme était ma vocation. Une merveilleuse personne s'est dressée sur mon chemin; ma fille, puis mon fils, 5 ans plus tard. Tous deux TDAH sévère, le benjamin étant aussi dysphasique. J'ai décidé de ne pas laisser les autres décider pour moi. Je me bats depuis 3 ans avec ce groupe né d'une impulsion; ''Plus de services au Québec pour nos enfants différents''. Je tiens à partager avec vous ces moments merveilleux, mais aussi les plus sombres, afin que vous sachiez que vous n'êtes pas seule(s).