Le TDAH chez l’ado

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C’est difficile à digérer, mais cette période de la vie est de plus en plus loin de moi. J’ai vécu une « crise d’adolescence » à retardement, soit vers 20-21 ans. Étant en appartement, j’ai évité à mes parents de subir cette phase. Maman à 24 ans, j’ai eu des responsabilités importantes assez jeune pour notre époque où bien des gens vont devenir parents à la mi-trentaine. Sachez que ce bébé était désiré et pour moi un choix de vie. Je voulais faire carrière, ce que je fais, mais je ne me sentais pas l’âme de changer des couches à quarante ans, quoique je respecte absolument ceux qui font ce choix!

Bébé arrive et comble toutes mes attentes. Ma merveilleuse fille est une enfant facile, rieuse, curieuse, intelligente… mais incroyablement agitée!!! Nous avons su très tôt qu’elle avait un TDAH avec impulsivité et opposition. La pomme ne tombe jamais très loin de l’arbre semble-t-il?  Comme tous les parents vivant cette situation, nous avons fait de notre mieux. Gérer les crises, l’insomnie de la petite. La surveiller sans cesse parce que rien n’était à son épreuve. Quelques années plus tard, arrive son petit frère. Elle a 5 ans à ce moment. Elle l’aime, elle l’aime… trop! Nous devons alors gérer son comportement impulsif, tout en protégeant notre dernier-né.

Sa première année de scolarisation fut marquée par le début de sa médication. En quelques mois, nous avons fait la rencontre  d’une enfant tout aussi fantastique. Les crises étaient moins longues, elle pouvait ENFIN assimiler certaines consignes simples, mais une à la fois. Bref, nous avons redécouvert notre fille en version améliorée! Les années passent, nous surmontons les difficultés, une à la fois, (psychologue, suivi médical, ajustements de la médication) mais la vie est tellement plus douce avec elle.

Dès sa troisième année du primaire, l’organisation scolaire remarque chez elle certaines aptitudes de douance. Elle sera alors, et ce jusqu’à la fin de son primaire, intégrée dans des classes mixtes, intenses anglais. Que de fierté pour nous, parents, après tout ce chemin parcouru.  Remarquez que certaines aptitudes sont mal utilisées… Comme faire une commande en Chine d’un article avec ma carte de crédit, et ce, à 3h du matin, lorsqu’elle avait 8 ans. Comme faire des photocopies numériques de billets récompenses donnés en classe pour bon comportement et les distribuer à ses amies, toujours de nuit, à 9 ans!  Je vous entends rigoler,  mais la punition fût à la hauteur de son geste…

Elle aura 13 ans cet automne, secondaire 1. Je me questionne sur le rôle que nous devons jouer. Comme toute adolescente de cette âge, elle a besoin de supervision, mais quand est-il des ses conditions particulières? Elle est à un âge où nous devons commencer à lui laisser de la liberté, un peu. Mais comment doser? La médication fait des miracles mais dans son cas, ne joue pas notre rôle. Comment l’aider à s’épanouir tout en la protégeant de son impulsivité? Comment l’aider à grandir, en lui communiquant nos valeurs, même face à son opposition? Comment lui donner certaines responsabilités importantes quand nous savons très bien qu’elle peut « oublier » certaines choses très simples, comme mettre des chaussettes en hiver? Ne pas oublier son lunch en allant à l’école? Nous donner certains papiers à signer un peu plus de trois minutes avant l’arrivée de l’autobus scolaire?

Nous avons beaucoup de questionnements, mais je crois qu’il n’y a pas de réponse. Chaque être est unique, avec ses forces et ses faiblesses (elle tout comme nous). Nous allons continuer de se dire « je t’aime » à tous les jours, et la vie fera le reste…

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Passionnée de communication et d'écriture, le journalisme était ma vocation. Une merveilleuse personne s'est dressée sur mon chemin; ma fille, puis mon fils, 5 ans plus tard. Tous deux TDAH sévère, le benjamin étant aussi dysphasique. J'ai décidé de ne pas laisser les autres décider pour moi. Je me bats depuis 3 ans avec ce groupe né d'une impulsion; ''Plus de services au Québec pour nos enfants différents''. Je tiens à partager avec vous ces moments merveilleux, mais aussi les plus sombres, afin que vous sachiez que vous n'êtes pas seule(s).