Le sport que mon enfant ne fera pas

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On a déjà essayé des sports de groupe avec coco. Il aime ça, il veut en faire mais ça finit toujours mal. Il ne comprend pas le contact et ne le comprendra sans aucun doute jamais.

Je parle souvent de deuil. Car bien sûr, un enfant différent, ce sont des deuils à répétition. Quand je le vois regarder les terrains de jeux de soccer ou la patinoire de hockey. Quand il me demande quand il en fera. Mon cœur se serre. Comment lui expliquer qu’il ne peut pas? Que les dernières fois qu’on a essayé, ça a mal viré, que même l’école le voit que ce n’est pas pour lui et l’enlève souvent lorsqu’il voudrait s’intégrer.

C’est la sécurité des autres qui est en jeu. L’autisme c’est ça, c’est plus que du flapping et de l’incompréhension. L’autisme c’est le rejet de notre société, car il ne s’intègre pas. L’autisme c’est un enfant de 7 ans qui, à chaque année lorsque le gazon redevient vert, voudrait être comme les autres. Bien sûr, pour le protéger, on repousse la discussion, on lui dit qu’on a pas d’argent pour ça.

Je ne suis pas rendue à l’étape de lui dire que c’est de sa faute, il le sait qu’il n’agit pas bien. Mais de lui dire ne ferait qu’augmenter le mépris qu’il aurait pour lui et comme une maman ourse, je ferais tout pour le protéger de sa peine, même lui mentir. Je ne crois pas qu’un jour il pourra. On va vers les autres sports, mais ce n’est pas facile.

Le karaté, il finit par l’utiliser lors des crises. Alors on s’est tourné vers la musique, il aime ça. Mais il aurait besoin de bouger, d’être dans un groupe. Ce n’est pas évident car mon coco n’a pas de déficience, donc une partie de lui comprend ce qui se passe.

Même si je pouvais passer pour une mauvaise mère qui ne réessaie pas avec son enfant, il y a des facteurs que je ne veux pas revivre, en fait, que je ne suis pas prête à revivre. L’argent que j’ai perdu, car il n’a pas fini la saison. Le rejet de ses pairs après ne pas avoir respecté les règles. Le regard des autres parents quand tu arrives, car ils auraient dont voulu que tu ne soit pas là. Tout ça, on n’a pas besoin de le vivre, mais reste qu’on prive un enfant. Car bien sûr, de le mettre dans les buts n’est pas gagnant pour l’équipe, mais serait gagnant pour lui. Car là, il pourrait jouer, mais personne ne veut mettre un enfant qui n’a jamais fait de but là. Voyons, l’équipe pourrait perdre et ce serait dont grave! (lire ici mon ton sarcastique).

Il ne pourra sans aucun doute jamais y retourner. Mon deuil se fait peu à peu et j’espère que pour lui, il se fera un jour.

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Je suis maman d'un merveilleux garçon qui a un TDAH et un TSA sans déficience intellectuelle. J'ai toujours été sensible à la maladie et aux troubles mentaux, je suis d'ailleurs préposée aux bénéficiaires. Mon fils réussit à faire ressortir le meilleur de moi-même. Le but de mes textes est d'évacuer mais surtout de conscientiser le monde à la différence et aux troubles mentaux ainsi qu'à leurs aspects dans la vie de tous les jours. J'espère vous toucher par mes écrits autant que moi je suis touchée en les écrivant.