Oh Sainte Nuit…

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Dormir. Seigneur, quel plaisir! J’ai déjà entendu qu’on n’apprécie jamais autant ce qu’on a qu’une fois qu’on l’a perdu. Ben ma foi, je pense que c’est vrai. Je me rappelle de cette époque lointaine où dormir un 8 heures ininterrompues était quelque chose de tout à fait normal. De routinier. De quotidien. Quand dormir 10 et même 12 heures n’était pas si exceptionnel que cela.

Je me souviens d’une époque lointaine où, avec  des amies, nous sortions le vendredi soir, ne  retrouvant mon lit qu’au moment où le soleil se levait. Pour n’en ressortir qu’en fin d’après-midi pour me préparer à recommencer…

Aujourd’hui, l’idée de me coucher plus tard que 21h30 me parait une extravagance. Dormir un 8 heures complet sans interruption, me semble un luxe. En fait, dormir profondément semble être un état totalement oublié de mon conscient et de mon subconscient.

Certains diront que c’est normal, j’ai des enfants! Mais mes enfants ont 10 et 14 ans. Le sommeil me fuit depuis 10 ans maintenant. Depuis que les troubles de sommeil sont entrés dans nos vies. Bien sûr, lorsqu’il était bébé, nous n’y voyions rien d’anormal. Après tout, un bébé, c’est bien connu, ça ne fait pas des nuits dès la naissance. Mais à 6 mois, Fiston n’avait pas perdu le rythme. Moi qui allaitait à temps plein et à la demande, j’avais un bébé qui réclamait le sein aux deux heures, maximum, de jour comme de nuit.  Et ce, même après avoir commencé à manger.

« Couchez-vous dans le jour quand il dort. » J’aurais bien voulu, mais comme il ne dormait que 20 minutes en avant-midi, 20 minutes en après-midi et un autre 20 minutes en début de soirée… Les siestes n’étaient pas très efficaces non plus.  Je pouvais faire le tour du village trois fois avec Fiston dans la poussette avant qu’il ne s’endorme. Par beau temps, j’ai bien tenté de l’endormir dehors dans la balançoire, mais rien à faire, il aimait trop cela et se gardait éveiller là aussi. Le seul endroit où il pouvait s’endormir rapidement et dormir longtemps, c’est lorsque je le portais dans une écharpe de portage et que je marchais. Dès que j’arrêtais, il avait les yeux grands ouverts comme s’il n’avait même pas dormi.

Aujourd’hui, les nuits sont parfois plus longues et moins interrompues, grâce à la médication et la mélatonine. Mais malgré tout, Fiston a des périodes, comme en ce moment, où les troubles de sommeil réapparaissent. Somnambulisme, somniloquie et insomnie ré-envahissent  nos nuits. Et malgré la médication prescrite par mon médecin, je n’en dors pas plus. Car on ne dort pas bien en ne sachant pas ce que le subconscient de notre enfant peut lui faire faire durant la nuit. Est-ce aujourd’hui qu’il déboulera l’escalier? Ou qu’il réussira à ouvrir la porte d’entrée dans cet état second pour sortir de la maison?

Et c’est tellement triste de voir son enfant nous dire au désespoir le soir «J’espère que je ne passerai pas une autre nuit blanche… » trop conscient qu’il est de ce que cela apporte en répercussion pour lui, pour moi, pour nous.

Le sommeil. Nous le prenons pour acquis jusqu’au jour où il nous échappe…

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Éducatrice à la petite enfance depuis une vingtaine d’année, adepte de l’entrainement en force pour ne pas perdre complètement la tête, Nancy Ringuet, très possiblement TDAH, est maman de deux garçons à diagnostics : un grand TDA sévère et un plus jeune SGT, TDAH impulsivité mixte et TOP. C’est un long combat qui aura mené aux diagnostics du plus jeune, et un long combat qui s’engage pour faire reconnaître ses besoins. Passionnée de recherches et assoiffée d’en apprendre plus, elle fouille le net sous toutes ses coutures. Elle partagera ici des textes et réflexions sur ce vécu différent de mère chef de famille, avec un conjoint dont le travail l’amène à être absent.