L’autisme ça n’existe pas

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Bien oui, tu as bien lu le titre, l’autisme ça n’existe pas. C’est une mode passagère contrôlée par le clan pharmaceutique et par la secte des médecins. De toute façon, si les parents étaient plus sévères aussi. Des enfants rois et lâches, élevés par des parents lâches qui ne veulent qu’une pilule pour calmer leur enfant et se la couler douce…

C’est ce que la plupart d’entre nous subissons chaque jour, à chaque party de famille, à chaque fois qu’on veut aider à sensibiliser et qu’on dit que notre enfant est autiste.

Mais toi, parent, famille, ami, étranger à la pharmacie en ligne juste derrière moi. Je vais te dire une chose, c’est facile de critiquer, de vouloir se cacher les yeux, de ne pas voir que ça existe. C’est bien plus logique de croire en une conspiration pharmaceutique, de mauvais parents et d’enfants rois.

Alors si tu veux continuer sur le sujet et si tu es assez à l’écoute, tu pourrais peut-être commencer à changer ta perception des faits.

Donc, je vais commencer par le début. Premièrement, je ne suis pas un mauvais parent. Si tu savais le temps que ça prend avant d’avoir un diagnostic d’autisme, si tu donnais le quart de ce temps à peut-être t’interroger que ta vision est merdique, ça ferait longtemps que tu aurais compris bien des affaires.

Les appels, les rencontres, les rendez-vous téléphoniques, les contenus de dossier car tel spécialiste ne travaille pas à la même place que l’autre spécialiste. Les journées complètes manquées au travail pour des rendez-vous. Et là, c’est toujours pas fini, car je reviens à la maison, toujours sans aide, avec des bouts de papiers pour d’autres spécialistes, qui eux, jetteront la balle à d’autres. Et voilà, j’ai calculé ce bout de vie à je dirais, moins mille sur une échelle de 1 à 10, à savoir ce qui pourrait me rendre heureuse, mais je continue.

Je pleure, le gaz, le stationnement, je travaille moins, de l’argent je n’en ai plus. Les spécialistes qui sont toujours à l’autre bout de la ville. Mais je continue, dossier en main, surligneur avec stylo. Ohhhh oui stylo, car le crayon de mine est trop facile à effacer par ma tornade quand j’aurai le dos tourné deux minutes le temps d’une pause pipi après tout ce trafic.

Bon pas grave, on continue, on rapporte coco à l’école après le rendez-vous. On part à la maison pour continuer à chercher, à faxer et là, entre deux appels, l’école appelle. Il n’est pas gérable, je dois aller le chercher.

Soirée d’horreur, de crises. Pas des crisettes d’enfant normal qui pleure car il a le mauvais verre. Non des crises inhumaines à se frapper, à me frapper. À continuer de tout détruire autour de lui. Comme s’il voulait te montrer à quel point c’est mélangé dans sa tête. Tu vois ce foutoir qu’il a fait. Et tout d’un coup, il se retourne, assis dans son fouillis, le regarde, te regarde. Ce regard pourrait donner froid dans le dos au plus grand colosse que tu connais. Et il sort la phrase : «  Je suis pas heureux maman, je veux mourir. »

Toi l’as-tu déjà entendu ton enfant de 4-5-6-7 ans dire cette phrase? Ah non!!! C’est vrai, toi tu as été un bon parent, un parent excellent. Moi, mon fils veut mourir, pourquoi? Car il est trop gâté dans cette vie, alors pourquoi ne pas aller en voir une autre? Je suis trop molle et il se lasse de moi?

Non, il dit cette phrase car il vit avec des gens comme toi en ce moment. Des gens qui ne le comprennent pas, des gens qui le jugent sans même le connaître, des gens qui jugent sa mère, la seule qui semble vouloir voir l’intérieur de sa tête et aider à la comprendre. Sa maman, la seule qui essaie de le protéger de lui-même. Car il le sait, c’est lui le problème.

Et quand tu continues de dire qu’il n’a pas de problème, tu crois que tu fais quoi? Tu lui mets encore plus de doutes, de doutes en lui, de sa façon de voir les choses. Tu mets la tête d’un enfant déjà embrouillée encore plus dans le néant.

Pourtant lui, chaque jour il s’efforce de comprendre ton monde, de comprendre les gens autour. T’a-t-il jugé une seule fois? Bien non, car lui la différence, il la vit, alors il connait.

Tu vois quand on s’ouvre autour, on commence à comprendre des choses. Quand tu dis que tu n’acceptes pas son diagnostic, comment veux-tu que cet enfant finisse par s’accepter lui-même, si toi tu ne l’aides pas?

Mais tu dois avoir raison, ce n’est pas là. Le cash que les pharmaciens font avec ces médicaments, ouf!

C’est ça, c’est sûr car c’est ta prochaine logique. Après bilan sanguin, bilan cardiaque, test, spécialistes, etc. En passant, scuse-moi tu es spécialiste toi??? Ah non? D’accord, pas grave, on est dans un pays libre, alors tu as droit à ton opinion. Donc je continue, spécialistes, refus de garderie, impossible de le garder scolarisé, il se blesse lors de crises, mais oui, voilà la solution : un médicament! Les gens vont payer et ça ne marchera pas, mais pas grave, ils vont tellement y croire qu’ils vont en acheter, on va être riche.  (selon toi, paroles de pharmaciens!)

Ah ben moi tu vois, la médication, je l’ai détestée au début. J’ai tout essayé. Pictogrammes, cours au CLSC, intervenante, massage, huile calmante. Rien, ça n’a rien fait. Pendant ce temps, mon fils dégrade.

Quand j’ai dit oui à la médication, mon fils, alors âgé de 4 ans, pleure le lendemain pour avoir une deuxième dose car ça lui fait du bien… Il n’est même pas fâché, il semble heureux, je l’ai même vu rire avec une amie. Pas de crises, pas de problèmes, la routine s’installe de mieux en mieux.

Ah bien, on vient d’éliminer, que j’étais un parent mou, que mon fils était un enfant roi et que même si les pharmaciens se font de l’argent, je m’en fous, mon gars va mieux!

Mon enfant va mieux.

Et si tu es de ceux que je crois, tu t’en foutras, car tes idées préconçues s’arrêteront là. Et tu sais quoi, pour être polie, je m’en fous.

Pense ce que tu veux, moi l’autisme j’y crois, je l’ai vécu, je le vis encore. Et si tu ne comprends pas ça et bien fais-moi plaisir pis oublie-nous donc!

Car après tout ça, avec nos difficultés au quotidien et bien mon énergie va vers le positif.

Si jamais tu veux accepter l’autisme tu t’ouvriras à un monde si spécial que tu comprendras enfin pourquoi on ne peut que tomber en amour avec ces enfants.

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Je suis maman d'un merveilleux garçon qui a un TDAH et un TSA sans déficience intellectuelle. J'ai toujours été sensible à la maladie et aux troubles mentaux, je suis d'ailleurs préposée aux bénéficiaires. Mon fils réussit à faire ressortir le meilleur de moi-même. Le but de mes textes est d'évacuer mais surtout de conscientiser le monde à la différence et aux troubles mentaux ainsi qu'à leurs aspects dans la vie de tous les jours. J'espère vous toucher par mes écrits autant que moi je suis touchée en les écrivant.