La chute

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Il y a 3 ans, je m’effondrais. Après des années à lutter pour obtenir de l’aide. Des réponses. Après avoir brûlé la chandelle par les deux bouts pis l’avoir allumé à une couple de places dans le milieu, la cire avait fondue. La mèche n’existait plus. Le feu s’était éteint.

Cela faisait plus d’un an que mon Dr, appelons-le Bob… que Bob donc, me demandait à chaque visite « Penses-tu que tu fais une dépression? » « Ben non, j’suis juste fatiguée… Si on peut finir par avoir des réponses, de l’aide… Si l’école peut finir par accepter le diagnostic pis écouter ce que je peux leur dire… Avec les vacances, ça va se replacer… »

Et puis, voilà. Presque un an après la tombée du diagnostic, un été après le premier PSII, fiston allait mieux. Les choses semblaient se placer à l’école. Et soudain le barrage a flanché. La corde a lâché et la chute a été abrupte. Le soleil ne brillait plus pour moi. Tout était sombre et froid. Et mouillé. Mouillé de mes larmes qui semblaient intarissables. Mouillé des sueurs qui m’assaillaient sans avertissement. Assise sur une petite chaise dans le bureau de Bob, j’ai chuté. Sans filet. Sans harnais. Un saut dans le vide de l’admission de mon épuisement physique et surtout mental.

Tenir à bout de bras la santé mentale de mes enfants, de ma famille. Tenter de conserver un semblant de normalité dans la tourmente. Je ne pouvais plus. Cette fois, c’est moi qui avait besoin d’être tenue à bout de bras. C’est d’une grue que j’avais besoin pour me tenir debout.

Il y a 3 ans, la chute était brutale, douloureuse, humiliante. Maintenant, je suis fière d’être tombée. D’avoir réussi à avouer que je ne suis pas infaillible, que je ne peux tout faire toute seule à ma façon et juste à ma façon. Aujourd’hui, je me tiens droite devant vous pour vous dire qu’il y a 3 ans, on m’a diagnostiqué une dépression majeure doublée d’un épuisement parental. Et que depuis, j’ai réussi à laisser tomber des barrières pour avouer ce que je cachais depuis longtemps : je souffre d’anxiété avec imageries catastrophiques. Depuis toujours.

La chute fut brutale. Douloureuse. Mais la remontée m’a rendue plus forte de cette prise de conscience de ma faillibilité.

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Éducatrice à la petite enfance depuis une vingtaine d’année, adepte de l’entrainement en force pour ne pas perdre complètement la tête, Nancy Ringuet, très possiblement TDAH, est maman de deux garçons à diagnostics : un grand TDA sévère et un plus jeune SGT, TDAH impulsivité mixte et TOP. C’est un long combat qui aura mené aux diagnostics du plus jeune, et un long combat qui s’engage pour faire reconnaître ses besoins. Passionnée de recherches et assoiffée d’en apprendre plus, elle fouille le net sous toutes ses coutures. Elle partagera ici des textes et réflexions sur ce vécu différent de mère chef de famille, avec un conjoint dont le travail l’amène à être absent.