Tiraillée

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L’écriture a toujours eu au fil du temps, un côté délivrant, thérapeutique. J’ai d’abord écrit pour moi. Pour sortir de moi en couchant sur papier, mes sentiments de toutes sortes, mes rêves, mes désirs, mais surtout et beaucoup, mes déceptions, ma douleur, ma tristesse, les sentiments d’inaptitude, de trahison, de détresse.

C’est par l’écriture que je combattais mes démons, mes idées parfois trop sombres, trop noires. Que je combattais ces voix qui jouaient en boucle dans ma tête, voix de gens de mon entourage pour qui me dénigrer semblait être un passe-temps tellement réjouissant. L’écriture m’aidait à m’évader, à oublier. J’écrivais, refermais la page et me sentais un peu libérée.

Puis, il y a quelques temps, l’écriture est aussi devenue un moyen de partage, de communiquer avec d’autres qui comprennent, qui partagent les hauts et les bas d’être la maman d’un beau gros soleil qui peut nous faire du bien, nous faire rire, nous émerveiller… Mais aussi nous donner des sueurs froides, des maux de tête, nous épuiser, nous blesser. Je me sentais comprise, aidée, appuyée, épaulée. Et je sentais que moi aussi, je pouvais transmettre ces sentiments à d’autres par mes écrits de toutes sortent, mes partages d’expériences bonnes ou mauvaises…

Mais voilà que j’en suis venue à me censurer dans ces écrits de partage, de récits, de confession, de thérapie. Je n’ose plus. Je ne raconte plus tout. Je ne me vide plus de ces peurs, terreurs, douleurs, déceptions. Je garde pour moi les sentiments de trahison. Les craintes face à un avenir si proche et si incertain. L’épuisement que je ressens par crainte de voir mes confidences, mes confessions, ma colère utilisées contre moi. Contre lui. Contre nous…

Parce que tout n’est pas rose bonbon malgré l’accalmie que nous vivons. Parce que les arcs-en-ciel ne se sont pas pointés entre deux orages. Parce que les licornes ont fui la tempête qui se pointe. Parce qu’encore une fois, le mur de l’incompréhension se dresse devant nous.

Parce que je réalise que mes grosses bottines de maman qui veut connaître dérangent. Parce que j’ai été confrontée à une dure réalité il y a 24 heures. Parce que l’entente que je croyais existante n’était semble-t-il qu’un nuage de fumée pour m’aveugler.  Parce que j’en ai plein le *** d’être sur mes gardes 24hres/24. Parce que j’en ai assez d’avoir un semblant de reprendre le dessus, d’avoir réussi à obtenir un minimum de compréhension pour comprendre qu’au final je me suis fait berner. Encore une fois.

Alors j’aurais tant à écrire. Mais je suis tiraillée. J’hésite. Je commence sans terminer. Je n’ose plus depuis plusieurs mois. Et encore moins depuis hier.

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Éducatrice à la petite enfance depuis une vingtaine d’année, adepte de l’entrainement en force pour ne pas perdre complètement la tête, Nancy Ringuet, très possiblement TDAH, est maman de deux garçons à diagnostics : un grand TDA sévère et un plus jeune SGT, TDAH impulsivité mixte et TOP. C’est un long combat qui aura mené aux diagnostics du plus jeune, et un long combat qui s’engage pour faire reconnaître ses besoins. Passionnée de recherches et assoiffée d’en apprendre plus, elle fouille le net sous toutes ses coutures. Elle partagera ici des textes et réflexions sur ce vécu différent de mère chef de famille, avec un conjoint dont le travail l’amène à être absent.