Et si je pensais à moi…

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Eh oui, si je pensais à moi pour une fois? Partir à l’étranger, oublier tout, recommencer ma vie? Est-ce de ça que j’ai vraiment envie? Je l’ai pensé durant 2 ans… Cuba, Punta Cana, Mexique, encore Cuba et la cerise : Bali, Indonésie… Tout ça en 16 mois. Qu’est-ce qui me poussait tant à fuir? Mon amour des voyages date de mon enfance, mais c’était devenu compulsif, pourquoi? Après 24 000$ de voyages, j’ai compris : je n’étais pas bien.

Pourquoi avoir tant dépensé dans cette quête de « je ne savais pas quoi? » Pas bien dans ma peau, dans mon environnement, comme conjointe, comme maman, comme femme? Étant mère d’enfants à besoins particuliers, j’ai été une maman, oui, mais à teneur psychologue, orthopédagogue, orthophoniste, etc. Je veux tellement qu’ils réussissent avec leur plein potentiel. J’ai voulu sauver mes enfants, mais aussi, tous ceux vivant cette même problématique, à l’échelle de la province. Rien de moins. J’ai voulu être plus forte que Hulk, que Capitaine América, que Flash… Je pensais être un super héros. À force de se dire que l’on peut être la meilleure, on y croit. Au travail, comme parent, comme amoureuse, comme amie…

Cette année, je me suis donné le plus beau cadeau du monde : celui de comprendre que je ne pouvais être cette super women. J’ai touché le fond. Il n’est pas confortable, plutôt gris et sans couleur. Les murs sont trop proches, ils veulent t’engloutir. Tu penses que jamais tu ne verras la lumière à nouveau. J’ai confronté ces murs pour être la meilleure maman du monde! J’ai compris que si je n’étais pas bien, mes enfants ne peuvent l’être, même en étant la meilleure actrice au monde. Je me reconstruis, chaque jour, un pas à la fois.

Comment apprendre à s’aimer en ayant vécu une relation de violence? Après notre séparation, ma fille m’a dit : « Tu n’avais qu’à fermer tes oreilles, à ne pas écouter! » Comment lui expliquer que la violence verbale est aussi grave que la violence physique? Le temps, j’espère, et l’expérience fera d’elle une personne qui ne vivra pas ça. Je vais y voir, avec mon œil de lynx…

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Passionnée de communication et d'écriture, le journalisme était ma vocation. Une merveilleuse personne s'est dressée sur mon chemin; ma fille, puis mon fils, 5 ans plus tard. Tous deux TDAH sévère, le benjamin étant aussi dysphasique. J'ai décidé de ne pas laisser les autres décider pour moi. Je me bats depuis 3 ans avec ce groupe né d'une impulsion; ''Plus de services au Québec pour nos enfants différents''. Je tiens à partager avec vous ces moments merveilleux, mais aussi les plus sombres, afin que vous sachiez que vous n'êtes pas seule(s).