On m’avait dit

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Quand tes doutes se confirment, quand ta plus grande peur se concrétise et quand on t’annonce que ton enfant a un handicap, plusieurs personnes, professionnelles ou non, te donnent des conseils et te partagent leur expérience. Ils le font pour te rassurer, pour t’aider, pour faire leur travail ou pour t’accompagner. Bien que ce partage soit essentiel et bienfaisant, les gens autour de nous doivent comprendre qu’il y a un temps pour chaque chose. Il y a un temps pour chaque avis. Il y a un temps pour chaque conseil. Nous savons que vous avez probablement raison, mais la nouvelle est déjà si difficile à digérer et à vivre. Oui, nous vous entendons, mais parfois vos paroles ne se rendent pas jusqu’à notre cœur.

On m’avait dit : « Tu vivras de petites victoires à sa mesure. » Et, ils avaient raison. Mais, ça me fait encore très mal quand je vois qu’il n’est pas capable de faire une petite tâche simple.

On m’avait dit : « Il parlera de mieux en mieux avec le temps. » Ils avaient raison. Mais, ça me transperce encore le cœur quand je le vois chercher ses mots.

On m’avait dit : « Tu vivras le deuil de l’enfant souhaité. » Et, ils avaient raison. Mais je pleure encore quand je pense aux difficultés qu’il a et aura à vivre.

On m’avait dit : « Tu l’aimeras tel qu’il est. » Et ils avaient raison. Mais, je l’aurais aimé de toute façon.

On m’avait dit : « La société est beaucoup plus sensibilisée à la différence. » Et ils avaient raison. Mais j’ai dû mal à accepter que certains adultes regardent encore mon enfant comme s’il était un extra-terrestre.

On m’avait dit: « Fais confiance à la vie. » Et ils avaient raison. J’ai trouvé la force pour affronter les épreuves. Mais je lutte encore pour trouver des solutions et parfois de l’aide. Et je doute encore souvent, de moi, des autres, du système.

On m’avait dit : « Tu finiras par vivre main dans la main avec l’autisme. » Et, ils avaient raison. Mais, jamais je n’accepterai cet état pour mon garçon. Je vis avec ce fait dans nos vies : mon fils est autiste. Mais jamais, je ne pourrai accepter que la vie nous ait joué ce vilain tour.

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Enseignante au primaire depuis 11 ans, j’ai la chance d’être maman de deux beaux enfants. Ma grande fille de 8 ans a reçu un diagnostic de TDAH à l’âge de quatre ans. Avec sa folie et son énergie, elle nous fait vivre des montagnes russes d’émotions. Mon garçon de 4 ans a un TSA. Malgré cette différence, il charme tout son entourage. En équipe avec mon mari, j’arrive maintenant à vivre pleinement la vie un jour à la fois, et ce, au travers les hauts et les bas du quotidien. Écrire me permet maintenant de partager mon expérience de vie, mes questionnements, mes doutes mais aussi tout mon amour pour les enfants.