Les prescriptions : Attention!

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On a probablement tous eu droit à ces commentaires bienveillants nous disant qu’il y a mieux que la médication, comme les produits naturels de type Oméga3, ou encore le sport, la discipline plus ferme… À ces autres, un peu moins bienveillants, sous-entendant qu’on prend une solution facile, qu’on drogue notre enfant au profit des compagnies pharmaceutiques. Et puis, il y a ceux qui nous disent carrément au visage que le problème c’est nous. Visiblement, on ne sait pas être de bons parents. Quand son enfant reçoit un diagnostic, commence une médication, les gens autour de nous semblent croire qu’ils ont soudain un droit sans restriction de nous juger. FAUX. Ce droit, ils ne l’ont jamais eu, et ne l’ont pas plus!

Et puis, avec la fameuse prescription, on a déjà bien assez de nos propres questionnements! Il y a tellement de molécules sur le marché, est-ce que celle-là sera la bonne? Et c’est normal de se questionner, de vouloir s’informer car on veut le mieux pour notre enfant. On souhaite tous que la première soit LA bonne et d’en avoir fini avec ce combat. Mais la vérité, c’est que chacun réagit de façon différente à la médication. Deux enfants d’une même famille peuvent réagir de façons différentes et avoir besoin de molécules totalement différentes.

Chaque être humain est doté de sa propre combinaison d’ADN, qui lui donne sa chimie propre et c’est ce qui rend cette « course à la formule magique » si frustrante. Les réactions à la médication, peu importe laquelle, sont vraiment complexes et personnelles… Je prendrai ici le vécu de ma maisonnée.

L’Ado, aujourd’hui âgé de 13 ans, a reçu son diagnostic de TDA sévère à 7 ans. Il a débuté avec Ritalin, mais la montagne russe dans la journée et le court effet nous ont amené vers le Concerta. Tout a bien été… jusqu’au printemps dernier. Nous étions à 72mg quand il me dit : « Maman, ça marche pas. Je fais semblant de lire en classe. Les mots dansent devant mes yeux. »

Entre temps, Fiston lui, avait reçu un diagnostic de TDAH avec impulsivité de type mixte à 5 ans, presque 6. Nous avons débuté avec Concerta qui augmentait sa tendance à tiquer. Nous sommes donc passés à Vyvanse durant deux longues années… Lorsque les crises de rage ont commencé, le Docteur a ajouté Intuniv qui a calmé le tout… pour un temps. Nous attendions de voir un pédopsy… Finalement, à bout de ressources et découragée face aux crises constantes, aux propos suicidaires avec plans, elle retira le Vyvanse pour le remplacer par Strattera. Le retrait de Vyvanse fût miraculeux pour nous.

Alors lorsque le Docteur de l’Ado voulu lui prescrire Vyvanse, c’est de façon très réticente que nous avons accepté. Pour finalement revenir à Concerta, en dose moindre et y combiner Intuniv.

Parlons de moi maintenant. Déjà depuis plusieurs années, je sais que j’ai des réactions allergiques atypiques. Ainsi, je suis allergique à l’acrylique! Et oui! Fini le temps des faux-ongles pour moi! Et bienvenue les complications lors des séances de shopping; vous n’imaginez pas à quel point l’acrylique est utilisée dans la confection de vêtements…  Je réagis aussi à certains produits de maquillage, les produits Aveeno sont bannis de la maison : je suis allergique à ce produit qui est pourtant venté pour les peaux sensibles et allergiques!  Je suis aussi allergique à la Codéïne, dont une dose infime me cause des migraines carabinées et incapacitantes. Une dose normale de NyQuil, deux comprimés, me rend inapte pour deux jours, une demi-dose de Buckley, (soit un seul comprimé) pour le jour me rend somnolente… Et voilà qu’on me découvre une « intolérance » assez sévère au peroxyde (celui de notre enfance qui fait des bulles sur les bobos!), tout en découvrant avec le diagnostic de dépression que je réagis de façon atypique au Cipralex, et que je suis allergique au Trintellix : allo démangeaisons intenses pour deux jours!! (ce qui est extrêmement rare au dire de la pédopsy de Fiston qui me suggère le fameux test d’ADN à 1000$, si jamais j’ai cette somme à dépenser…).

Oui, il est important de s’informer. Mais il est important de bien choisir ses sources d’informations, surtout en ce qui concerne la médication. Oui, on peut valider ses impressions au sujet d’un effet secondaire potentiel sur notre enfant, mais Monsieur/Madame tout le monde n’est pas habilité à vous dire de cesser de donner une médication X. Parlez à votre pharmacien. Parlez au médecin de votre enfant. Appelez Info-Santé, à la limite… Mais votre voisin, votre cousine, et les participants à un réseau social ou un blogue qui n’ont aucune formation en la matière ne sont pas aptes à vous dire si oui ou non une médication est pour votre enfant ou vous recommander une médication X. Il y a tellement de facteurs qui entre en ligne de compte que le docteur seul peut juger.

Oui, comme parent vous pouvez dire au docteur : « Je crois qu’il faut changer, ça ne fonctionne pas, il y a ça, ça et ça qui ne fonctionne pas. » Ce peut être un niveau d’agressivité, d’opposition ou d’impulsivité plus élevé, de l’anxiété, perte ou prise de poids majeure, etc. Nommez vos inquiétudes au pharmacien, au médecin. Ce sont eux les spécialistes en matière de santé et médication. Vous pouvez demander au médecin une référence pour un spécialiste, neuropsy ou pédopsy qui sont encore plus spécialisés. Mais de grâce, oui, vous pouvez prendre en note des similitudes dans les effets secondaires et impacts d’une médication X, mais allez chercher l’avis de ceux qui sont spécialisés en la matière.

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Éducatrice à la petite enfance depuis une vingtaine d’année, adepte de l’entrainement en force pour ne pas perdre complètement la tête, Nancy Ringuet, très possiblement TDAH, est maman de deux garçons à diagnostics : un grand TDA sévère et un plus jeune SGT, TDAH impulsivité mixte et TOP. C’est un long combat qui aura mené aux diagnostics du plus jeune, et un long combat qui s’engage pour faire reconnaître ses besoins. Passionnée de recherches et assoiffée d’en apprendre plus, elle fouille le net sous toutes ses coutures. Elle partagera ici des textes et réflexions sur ce vécu différent de mère chef de famille, avec un conjoint dont le travail l’amène à être absent.