La ronde des élections

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La campagne électorale est lancée.

Yeah.

Je manque d’enthousiasme vous dites? Ben vous avez raison. Parce que voyez-vous, je ne sais honnêtement pas si j’y ai déjà cru, mais je sais qu’en ce moment, je n’y crois juste plus.

Blasée. Voilà. C’est probablement ça le bon mot pour me décrire en ce moment. On m’a dit récemment que je n’ai vraiment pas l’air vendue à cette nouvelle école que Fiston fréquentera à la rentrée. Ben… non. Je suis échaudée. Pis avec cette ronde (je me retiens tellement fort d’utiliser le mot farce) électorale, je ne peux pas m’empêcher d’avoir une panoplie de questions qui roulent en boucle dans ma tête.

Oui, j’ai tellement le goût d’aller crasher un quelconque rassemblement de chaque parti et de vider mon sac (mon conteneur comme sur les paquebots outre-mer) de questions, réflexions, commentaires.

Je suis maman d’un enfant qui ne fite pas dans le portrait scolaire dit « normal »… Non, il n’est pas autiste et n’a pas un diagnostic de TSA… Mon enfant a un ensemble de diagnostics de troubles neuro-développementaux qui font que pour lui, le cadre d’une classe normale, du grand groupe, ça ne fonctionne pas. Il s’épuise, son anxiété monte, ce qui l’amène à être plus impulsif, plus opposant, ce qui lui fait prendre du retard dans le travail à faire… Il doit donc aller dans une classe à effectifs réduits, un petit groupe de 6-8 ou max. 10 avec un professeur en adaptation scolaire et une TES… Pour ce faire, il doit faire deux heures et demie de transport par jour puisque la commission scolaire n’offre pas de telles classes sur le territoire de la MRC, malgré la présence prouvée de besoins… Que comptez-vous faire pour que nous n’ayons plus l’impression que nos enfants dérangent, qu’ils sont de trop dans ces commissions scolaires pour lesquelles nous payons des taxes, mais qui offrent, malgré tout, si peu à nos enfants?

Que dites-vous à une commission scolaire qui se voit présenter plus de 400 signatures et commentaires/témoignages confirmant les besoins de classes plus adaptées pour des enfants qui, comme le mien, ne fonctionnent pas dans le moule d’une classe normale de façon plus locale et qui répond que l’objectif n’est pas d’ouvrir de telles classes, mais d’en fermer? Si je vous dis qu’en classe régulière, on n’offre ZÉRO service à mon enfant… Parce qu’on s’entend que sept heures par semaine, c’est fichtrement rien!

Je me suis épuisée, comme tant d’autres parents, à frapper désespérément aux portes d’un système de santé mentale totalement hermétique, se confinant dans ses guerres de clôtures, parlant de «territoire» alors que cette pratique est illégale selon la loi… Et non seulement me suis-je épuisée, mais une fois une ressource trouvée pour mon enfant, moi je me retrouve laissée à la dérive, sans services, sans soutien pour MOI qui n’arrive plus à me reconnaître, à me définir comme personne à part entière… Je ne suis que la maman de… Notre beau système de santé, chèrement payé à même nos impôts, nous claque la porte au nez. Qu’avez-vous à me donner comme explications? Qu’allez-vous faire, CONCRÈTEMENT pour m’aider, pour m’éviter de retomber dans l’épuisement parental qui m’a tenu éloignée du travail durant sept mois il y a bientôt deux courtes années??

Quel budget comptez-vous accorder pour aider les familles comme la mienne, où les rendez-vous sont si nombreux qu’un des parents arrive difficilement à concilier travail/famille?…

Et ce n’est que la pointe de l’iceberg de ce qui tourne dans ma tête…

Sarcastiquement, je dis souvent que je vais finir par me présenter en politique comme chef d’un tout nouveau parti. Le PdMÉ. Le Parti des Mamans Écoeurées. Ça pourrait aussi être le PdMPQB, Parti des Mamans Plus Qu’à Boute. Je voudrais juste trouver le moyen de faire en sorte qu’on en parle. Qu’on parle de ce mal-être qui affecte tant de parents dans les familles québécoises. Qu’on parle de ce vide dans lequel nous nous retrouvons.

Oui, je suis blasée. Je suis sarcastique. Et pour l’instant et jusqu’à ce qu’on me prouve que j’ai tort, je n’y crois plus.

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Éducatrice à la petite enfance depuis une vingtaine d’année, adepte de l’entrainement en force pour ne pas perdre complètement la tête, Nancy Ringuet, très possiblement TDAH, est maman de deux garçons à diagnostics : un grand TDA sévère et un plus jeune SGT, TDAH impulsivité mixte et TOP. C’est un long combat qui aura mené aux diagnostics du plus jeune, et un long combat qui s’engage pour faire reconnaître ses besoins. Passionnée de recherches et assoiffée d’en apprendre plus, elle fouille le net sous toutes ses coutures. Elle partagera ici des textes et réflexions sur ce vécu différent de mère chef de famille, avec un conjoint dont le travail l’amène à être absent.