Lettre au parent d’un enfant neurotypique

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Je t’écris cette lettre à toi cher parent,

Parent dont l’un des seuls soucis pour son enfant est qu’il passe l’année avec un beau 80% et s’il obtient dans les 90%, c’est bien meilleur et il aura droit à cette récompense que tu auras choisie.

Je t’écris parce que je veux te parler dans les yeux, mais vu que le monde est rendu virtuel, je t’en parlerai ici.

Je ne te demande pas grand chose, juste de lire. S’il-te-plait pour moi, mais aussi pour ceux qui sont dans la même situation que moi.

Je vous envie tes enfants et toi. Ton but d’en faire de bons enfants et qu’ils aient de bonnes notes. Qu’ils s’impliquent dans leur école ou même que ce soit eux qui nettoient les cabarets du dîner pour avoir des repas-récompenses. Que tu grondes lorsqu’ils ont une mauvaise note ou qu’ils reviennent avec un billet jaune et qu’après une fois ou peut-être une couple, qu’ils finissent par comprendre et se forcent. Je t’envie. J’envie cette fierté que tu as quand ton enfant t’apporte un beau bulletin, un billet vert ou même lorsqu’il est choisi comme le meilleur de la classe. Je t’envie de fêter la fin d’année, l’an prochain, une autre étape.

J’envie le fait que ta seule inquiétude est de savoir si ton enfant sera dans la même classe que sa meilleure amie l’an prochain.

Si tu savais comme j’aimerais avoir la vie que je croyais avoir. Avoir ces étapes de la vie avec mon enfant.

Le fait est que je suis la mère du « petit tannant » comme tu l’appelles. Je suis sa mère à lui. L’an prochain, tu seras sans doute soulagé. Il n’ira plus à la même école que ton enfant. Car cette année, en plus du diagnostic de TDAH que nous avions depuis 2 ans, après de multiples rendez-vous, appels téléphoniques et tout, il a reçu un nouveau diagnostic.

Mon garçon est autiste. Et oui!! Ça ne paraît pas, hein??

Même moi, souvent quand ça va bien, je le regarde et je me demande s’il n’y a pas eu erreur. Mais quand il ne va plus, je me rappelle ces heures manquées au travail. À ne pas savoir si j’allais être mise à la porte ou manquer d’argent. Je pense à ma dépression qui remonte parfois dans ma gorge. À ma fatigue qui me rappelle que oui je suis humaine et que oui je trouve ça difficile.

Alors je te dis à toi, cher parent, profite de ton enfant. Tu ne sais pas quelle chance tu as d’avoir un enfant en santé mentalement. Tu sais, même si ce n’était pas voulu, ton regard je l’ai senti, je l’ai vécu et j’ai pleuré.

J’ai eu mal que ton enfant repousse le mien, mais je le comprends. J’ai eu mal quand mon enfant a fait mal au tien, mais ça, même moi je ne comprends pas pourquoi il fait ça.

Tu sais, je veux juste te dire que mon enfant, j’aimerais comme toi qu’il ait de bonnes valeurs, de l’entraide, du contrôle. Mais moi le mien ne comprend pas. Alors, s’il-te-plait, peux-tu expliquer à ton enfant d’accepter, d’aider et surtout de respecter la différence? Tu sais, ce sont des enfants, alors peut-être que si on travaille ensemble, on réussira à faire un monde meilleur.

Ensemble, acceptons mon garçon, il a un bon fond. Il aime rendre service, il aime les Pokémons comme le tien et surtout, malgré tout, je l’aime plus que tout. Comme toi. On n’a pas les mêmes défis dans la vie, mais on est humain.

Ensemble, nous pouvons faire une différence. La différence d’être semblables.

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Je suis maman d'un merveilleux garçon qui a un TDAH et un TSA sans déficience intellectuelle. J'ai toujours été sensible à la maladie et aux troubles mentaux, je suis d'ailleurs préposée aux bénéficiaires. Mon fils réussit à faire ressortir le meilleur de moi-même. Le but de mes textes est d'évacuer mais surtout de conscientiser le monde à la différence et aux troubles mentaux ainsi qu'à leurs aspects dans la vie de tous les jours. J'espère vous toucher par mes écrits autant que moi je suis touchée en les écrivant.