Mon enfant n’est pas poqué

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Il y a plusieurs semaines, lors de la divulgation du plan économique pour nos enfants différents, j’ai entendu ces propos à la télévision : « les enfants poqués » .

Mon oreille a cillé, mon cœur s’est débattu et bien sûr, j’ai écrit. Voici ma réponse après plusieurs semaines.

Désolée de vous dire ça, Monsieur, mais mon enfant n’est pas poqué. Mon enfant est brillant. Il a besoin seulement de plus de temps pour comprendre et sûrement que certaines choses ne seront jamais apprises car dans votre budget, il n’y a pas de place pour ces enfants. Le terme que vous avez utilisé pour parler de mon enfant est dégradant, irrespectueux et intimidant. Après ce genre de discours, où vous coupez le budget pour aider l’avenir du Québec, vous finirez par mettre l’argent dans un futur projet pilote pour contrer l’intimidation dans nos écoles que vous semblez pourtant accentuer avec vos propos.

Mon enfant n’est pas poqué mon cher Monsieur, il est incompris. Et votre incompréhension ne vaut pas le quart de vos diplômes. Car il est vrai que je n’ai peut-être pas de BACC ni même de DEC en quoi que ce soit, mais l’école de la vie m’a expliqué comment réagir à des mentalités fermées comme la vôtre. Continuez à couper, cher Gouvernement et vous finirez par payer pour ces enfants qui ne seront pas en mesure de travailler car vous coupez dans leur évolution. Ce n’est que remettre le problème à plus tard. Mais de toute façon, vous y êtes habitué, n’est-ce pas?

Vous bouchez les trous dans les rues plutôt que de bien faire le travail dès le début. Vous coupez dans la santé, mais vous finissez par payer des centaines d’arrêts maladie pour des gens essoufflés à force de vous faire vivre et de faire vivre la société. Vous coupez dans l’éducation de nos enfants, notre avenir, alors dites-moi, quand ces enfants seront en mesure de travailler, aurons-nous des gens assez forts pour continuer de faire régner le Québec ou aurons-nous des adultes à bout de souffle d’avoir tant essayé sans qu’on leur en donne la chance?

Dans le fond, Monsieur, vous avez  bien raison. Nos enfants sont poqués, meurtris de blessures émotionnelles de votre non-jugement. De votre façon de vous bloquer la vue, comme un vulgaire cheval, qui regarde droit devant avec des œillères, pour ne pas voir ce qui l’entoure. Mais savez-vous quoi? Moi, mon rôle de mère est fait à merveille. Je donne de mon temps, de mon amour et de tout ce que j’ai à cet enfant que vous abandonnez dans votre système. Moi je ne l’abandonnerai jamais, mais je vais finir par abandonner ma foi en notre gouvernement.

Vous savez, il n’y a rien de plus fort que l’amour d’une mère. Mon enfant, même s’il est né différent, n’est pas né poqué. Vous l’avez rendu ainsi à ne pas vouloir l’aider. Alors je ferai comme tout bon parent, je vais essayer de réparer ce que vous tenez à saccager car moi, je crois en son avenir.

À vous de voir si vous croyez en l’avenir du Québec.

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Je suis maman d'un merveilleux garçon qui a un TDAH et un TSA sans déficience intellectuelle. J'ai toujours été sensible à la maladie et aux troubles mentaux, je suis d'ailleurs préposée aux bénéficiaires. Mon fils réussit à faire ressortir le meilleur de moi-même. Le but de mes textes est d'évacuer mais surtout de conscientiser le monde à la différence et aux troubles mentaux ainsi qu'à leurs aspects dans la vie de tous les jours. J'espère vous toucher par mes écrits autant que moi je suis touchée en les écrivant.