Une équipe du tonnerre

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Je ne connais pas les statistiques du taux de séparation chez les parents ayant un enfant à besoins particuliers, mais je sais que c’est assez haut. J’ai la chance d’être avec le papa de mes enfants depuis maintenant 15 ans. Je sais très bien pourquoi les couples qui ont des enfants à besoins particuliers sont souvent plus sujets à une séparation. Avoir un coco qui n’est pas neurotypique demande une quantité d’énergie assez spectaculaire. Je peux vous dire qu’avec un enfant TSA par exemple, le sommeil est une denrée rare!

Mon fils a souvent des périodes d’insomnie et il se réveille quotidiennement la nuit même pour une courte période. Depuis que je suis mère, je ne peux pas compter les nuits où j’ai pu dormir sans interruption. Le manque de sommeil, la gestion de crises et la mise en application au quotidien de toutes les techniques proposées par différents intervenants sont tous des facteurs qui peuvent nuire à la vie d’un couple. Ce n’est pas facile d’être sans cesse en mode bataille, en mode survie. Quand nous avons décidé d’avoir des enfants, Simon et moi étions prêts, mais en y réfléchissant bien, l’étions-nous vraiment? On avait l’idée qu’on dormirait moins, mais pas à ce point… On pensait aussi que la gestion de crises aurait lieu surtout pendant le fameux  »terrible two », mais pas qu’il faudrait faire des arrêts d’agir sur notre très grand et fort garçon de 10 ans…

Simon, il s’est battu contre vents et marées avec moi. Il m’a soutenue quand j’ai pris la décision de quitter le CPE pour ouvrir mon milieu familial à la maison. Je voulais être plus présente pour nos enfants. Il était là quand nous avions des réunions, des rendez-vous de plan d’interventions, etc. Il a été présent quand nous avons eu le diagnostic de mon grand garçon et qu’on était tous les deux malheureux. Il était toujours là quand cette fois-ci, c’est le diagnostic de notre plus jeune de TAC et dyspraxie verbale qui est tombé. On s’est serré les coudes quand on était fatigué, quand on devait gérer des crises. À travers tout ça, je l’aime comme au premier jour. Il n’est pas parfait et moi non plus, mais malgré nos imperfections, nous cheminons comme parents et comme amoureux. Je sais qu’on aurait pu se perdre facilement durant toutes ces tempêtes et je sais qu’on pourrait encore se perdre. Mais si je regarde en arrière, je peux dire que je n’aurais pas pu choisir un meilleur partenaire de vie et un aussi bon père pour nos enfants.

Je t’aime Simon. Bonne fête des pères!

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Éducatrice en petite enfance depuis maintenant 14 ans, Jessie est passionnée de son travail. Elle est maman de deux garçons de 7 ans et 9 ans. Son plus jeune garçon a une dyspraxie verbale et un trouble d’acquisition de la coordination motrice. Son grand garçon a un diagnostic de TSA. Elle s’inspire de son quotidien pour écrire ses textes et ça l’aide à faire le point sur différentes facettes de sa vie. Jessie est une personne pleine d’énergie, toujours prête à aider son prochain et qui est impliquée dans la vie scolaire de ses enfants. Elle préside le comité EHDAA depuis maintenant deux ans à la commission scolaire des Trois-Lacs car la cause des élèves HDAA lui tient à cœur. Elle adore faire du bénévolat! La tête toujours pleine de projets qui sont parfois inusités, elle est une fille d’action. Ses enfants sont au centre de sa vie et c’est avec humour et autodérision qu'elle arrive, avec l’aide de son conjoint, à traverser les petites et parfois les grosses tempêtes de la vie de parents d’enfants différents.