Je t’aime maman, merci maman…

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Lors du développement « normal » d’un enfant, quoique je déteste ce terme, un enfant dira maman et papa assez tôt. En fait, lors de ses premiers mots. Après des mois d’insomnies, de coliques, de moments joyeux, mais d’autres plus difficiles, de la tendre enfance, que ces mots sont réconfortants! C’est comme un accomplissement en soit, une reconnaissance. Avoir un enfant ayant un trouble du langage, c’est vivre au quotidien la frustration de notre petit ange.

Il ne souffre d’aucun retard mental, mais bute sur les mots, les cherche, tente de les verbaliser et c’est un combat de tous les instants pour lui. Nous sommes patients, tentons de lui donner des pistes sans parler à sa place, trouvons des synonymes, etc. Pour une maman qui a le discours facile, c’est d’autant plus frustrant. Je voudrais parler pour lui pour ne pas voir sur son visage cette anxiété! Mais ce n’est pas la chose à faire. Je vous évite le parcours sans fin des spécialistes : orthophonistes, orthopédagogues, aide particulière aux devoirs, rattrapage, etc. Et ce, dès le préscolaire.

La mémoire est une faculté qui oublie, mais je ne me trompe pas beaucoup en disant qu’il a commencé à faire des phrases courtes vers l’âge de 3 ans et demi. Encore une fois, seules les personnes proches pouvaient le comprendre. Vers 5 ans, nous pouvons enfin mettre un nom sur ses difficultés : dysphasie de modérée à sévère… Je me suis battue comme une lionne, et le fait encore aujourd’hui, afin que cette différence ne fasse justement, pas de différence dans son parcours de vie. Il a maintenant 8 ans, c’est le plus merveilleux des petits garçons et je n’ai aucun parti pris!

Sans mentir, il doit me dire au moins dix fois par jour qu’il m’aime. Au départ pour l’autobus comme au coucher, mais une multitude de fois entre les deux. Il me dit « merci » pour son petit déjeuner, pour le lunch que je lui donne le matin, pour lui avoir lu une histoire, pour tout! Ça me donne le sentiment d’avoir réussi quelque chose. C’est le meilleur feeling au monde. Sans qu’il réalise à son âge tout ce que nous avons investi pour lui, on dirait qu’il le ressent. Son vocabulaire et sa formulation de phrases sont presqu’à niveau. Il ne bégaie pratiquement plus. Il peut soutenir une conversation en lien avec son âge! La maman pointilleuse lui répète quand même que « les si mangent les rais », mais c’est si peu par rapport au chemin parcouru. Je vais continuer de lui donner son bisou du matin, même devant ses amis, tant qu’il le voudra. Je lui dirai encore tous les jours que je l’aime parce que je réalise que ces petits gestes, ces petits mots, peuvent finalement faire une grande différence…

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Passionnée de communication et d'écriture, le journalisme était ma vocation. Une merveilleuse personne s'est dressée sur mon chemin; ma fille, puis mon fils, 5 ans plus tard. Tous deux TDAH sévère, le benjamin étant aussi dysphasique. J'ai décidé de ne pas laisser les autres décider pour moi. Je me bats depuis 3 ans avec ce groupe né d'une impulsion; ''Plus de services au Québec pour nos enfants différents''. Je tiens à partager avec vous ces moments merveilleux, mais aussi les plus sombres, afin que vous sachiez que vous n'êtes pas seule(s).