Première sortie en camping de la saison

0
86

Ce week-end, nous avons fait notre première sortie en camping de la saison. Avec un enfant différent, toute expérience est disons… mémorable?

Après une série de shifts de 13 heures par jour, mon homme avait besoin que l’on se retrouve en famille. À la dernière minute, alors que rien n’était préparé, la roulotte n’étant pas encore déshivernisée, l’homme a décidé de nous réserver un charmant petit terrain près d’un lac avec une vue magnifique. Une première sortie à la dernière minute signifie naturellement plusieurs oublis, plusieurs ajustements.

Tout d’abord, nous avons voulu faire plaisir à nos enfants et leur faire la surprise. Pensant qu’on allait faire un pique- nique chez un ami, les enfants se sont aperçus que nous trainions la roulotte au moment où nous sommes arrivés au camping seulement. Surprise!!! Une belle surprise pour eux, mais aussi une pour nous. Petit homme a immédiatement été pris de panique. «Je n’ai pas apporté les bons jouets!» qu’il nous dit en hurlant. Il crie, pleure, donne des coups de pieds dans le banc, etc. Bon, première affaire.

Arrivé au terrain, petit homme ne fait que grogner et ne parle plus avec des mots. Il est envahi, est désagréable et agressif. Alors, pendant que Papa installe la roulotte, je pars faire du repérage avec ma marmaille dont mon petit homme. (Question de rassurer et de désamorcer notre petite bombe). De retour au terrain, c’est mon tour d’aller préparer l’intérieur de la roulotte. Ah! Chers parents! C’est toujours comme ça n’est-ce pas? Mes enfants avaient tout ce qu’il fallait pour dormir. Des sacs de couchage, des oreillers, des doudous, des toutous préférés, DES suces (au cas où nous aurions des pertes), LA couverture douce (moyen d’apaisement) pour mon petit homme, etc. Tout était complet sauf… notre lit, naturellement. Nous avions oublié nos sacs de couchage et nos oreillers. SUUUUPER! Deuxième affaire.

Un peu dans le jus, on fait souper les enfants et naïve, je me dis que nous mangerons tranquilles pendant que les enfants admireront le feu de camp. Troisième affaire! Trop excités de dormir dans la roulotte, les enfants ont voulu se coucher au lieu de veiller près du feu. Alors, on se prépare pour le dodo. Trop excités pour veiller voulait malheureusement aussi dire, trop excités pour dormir. Parce que les enfants faisaient le party dans la roulotte, j’ai dû rester avec eux jusqu’à ce qu’ils dorment tous. Ce qui fait que j’ai mangé un hamburger sur le go à 21h30.

Je peux-tu vous dire qu’au moment où j’étais dans la roulotte à jouer le marchand de sable, je me suis dit que je n’avais aucun plaisir. Rien de cette idée était relaxante et nous faisait passer du beau temps en famille. C’était plutôt drainant, décourageant et enrageant. Beaucoup plus compliqué que si nous étions restés à la maison, dans nos choses, en terrain connu à profiter de la piscine et de la belle température. Après tout, chez nous aussi, on peut se faire de beaux feux de camp!

Bon, quatrième affaire : je me suis trompée de flacon de médication pour mon fils. Ce qui fait que je n’en avais pas assez pour le week-end complet. Alors, on s’est dit que le lendemain matin, on trouverait une pharmacie et on irait remplir sa prescription.

Après une nuit où j’ai mal dormi, parce que j’ai gelé et parce que j’ai dû me lever à maintes reprises parce que bébé fille perdait et cherchait sans cesse sa suce et sa doudou, nous nous sommes fait réveiller par notre petit homme qui commençait déjà à grogner et s’opposer. «Bon matin en ce beau 5h45!»

La matinée s’en est suivie avec des demandes en boucle à la minute qui commençaient toujours par un : «Mamannnnn?» très lyrant. Après environ 400 «Mamannnnn?», j’étais à bout de nerfs. Je n’avais pas apporté les pictos pour lui faire un horaire. Je me suis dit que pour une journée et demi, nous n’en avions pas besoin. Erreur! J’ai aussi oublié mon essentiel Time Timer. GRRRRR… On est démuni sans cet outil visuel pour le situer dans le temps.  Encore une fois, jusque-là, je me demandais pourquoi on se donnait tout ce mal pour essayer de vivre des choses comme tout le monde et essayer de forger de magnifiques souvenirs d’enfance à notre petite marmaille. Rester à la maison aurait été beaucoup plus simple pour tous. Mais est-ce que toujours rester à la maison est sain pour chaque membre de la famille? Je ne crois pas. Alors, on se donne un coup de pied dans le derrière pis on essaie de profiter de la vie, de vivre des expériences et de forger différents souvenirs (en espérant qu’ils soient agréables) à nos enfants qu’on adore malgré tout.

Il est venu le moment où on est arrivé à l’activité plage. ENFIN!! Tout ce que ça prend pour occuper et apaiser mon petit homme, c’est du sable et de l’eau. Les demandes incessantes se sont terminées, il s’est creusé un trou et soudain, je n’ai plus existé jusqu’à la fin de l’après-midi. C’est là que mon moment à moi de relaxation et de zénitude a commencé. En fait, c’est juste là que j’ai un répit.

Ce qui fait que j’ai pu profiter de mon samedi après-midi face au soleil, les deux pieds dans le sable et un drink à la main. WOW!! À ce moment-là, j’ai pu penser que mon chum avait raison de nous sortir.

Un week-end, c’est vite passé. Le lendemain, il fallait déjà revenir à la maison. Petit homme était déçu et fatigué de tout ce que l’adaptation au changement de routine, aux différents stimuli lui demandait. Alors de retour chez nous, comment vous pensez qu’il a réagit? Il a réagit comme toute bombe qui était amorcée et dont le chrono s’était écoulé. BOOOOUMM!!!!

Bref, c’est au moment où je gérais les dommages collatéraux que je me suis dit : «Note à moi-même. Ne jamais partir en voyage à la dernière minute avec un enfant aux besoins spécifiques.»

PARTAGER
Article précédentExpulsé de son camp spécialisé
Article suivantGarde-à-vous!
Je suis une éducatrice spécialisée de métier et maman de trois merveilleux enfants qui doivent composer avec leurs différences et les obstacles que ces différences leurs occasionnent quotidiennement. Cette vie familiale au rythme particulier nécessite plusieurs adaptations tant sur le plan familial, sur le plan amoureux que sur le plan professionnel. Je me fais un plaisir de vous partager mon vécu, ma réalité, afin de sensibiliser notre société aux enfants différents ayant des besoins différents. Connaître, comprendre, c'est mieux accepter.