Phoque off!

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J’ai toujours eu un look plus marginal et sportif. Ça fait partie de moi, de mon essence. Même si par le passé, j’ai essayé de le refouler par peur des jugements. Un jour, j’ai décidé de l’accepter, d’être moi-même et de sauter à pieds joints dans mon excentricité.

J’aime l’humour sarcastique et les jeux de mots un peu flyés. J’ai toujours été ainsi. Converses aux pieds et casquette, un jeans troué et un t-shirt, voilà mon look.

Je savais qu’on pourrait me juger, par ce look. Les gens qui me connaissent savent comment je suis et ne s’arrête pas à ça. Mais les autres parfois, oui ils le feront et ça ne me dérange plus. Je n’ai plus de preuve à faire à qui que ce soit, c’est moi et voilà.

Ce que je n’ai jamais cru, car je trouvais le principe un peu absurde en y repensant, c’est qu’on juge mon garçon à cause de ça. Et là, je ne parle pas des enfants, je parle des adultes. Des autres parents au service de garde, des professionnels aux premiers regards avant de remplir leur questionnaire pour après se rendre compte que je suis une bonne mère. Non pas une bonne mère, j’irais jusqu’à dire une excellente mère.

Alors toi, la fille de l’autre jour que j’ai entendu dire : « Son fils peut bien avoir des troubles de comportement, as-tu vu la mère! » Après avoir ri un bon coup, je t’expliquerai ceci. Par pour m’expliquer, car ça je ne crois pas en avoir le besoin, mais telle une mère louve que je suis, je vais défendre mon fils, en me défendant. Car bien sûr, selon ton jugement, mon fils est ainsi à cause de mon look. Donc voilà…..

Enceinte, j’ai été la plus parfaite, le moindre truc à proscrire, je l’enlevais de ma vie. J’ai pris tout le long des micro-bains, malgré ma dépendance, car l’on disait que l’eau chaude pouvait accentuer les contractions et que dans ma tête à moi, j’avais peur de déclencher une fausse couche. En parlant de dépendance, je ne prends pas de drogue et surtout pas enceinte. Je n’ai pris aucun alcool non plus, de toute façon, j’avais bien trop mal au cœur.

Lorsque ce petit être qu’est mon fils a fini par nous montrer sa magnifique binette, j’étais de celle qui lisait tout et essayait tous les exercices pour essayer que son évolution soit dans la norme. Je prenais la température de l’eau du bain avec un thermomètre, car j’avais peur que la température ne soit pas la bonne. J’ai douté de moi si fort que j’ai cherché par tous les moyens de savoir exactement quoi faire.

Et là, si tu es de celles que je crois, tu vas juger exactement ce que je viens d’écrire en disant que c’est normal que mon enfant ait des rigidités. Car j’ai été bien trop consciencieuse. C’est de ça qu’on parle, peu importe ce que j’aurais fait, ça aurait été de ma faute, car j’ai un look qui selon toi, n’inspire pas une présence maternelle.

J’ai été une bonne mère, je suis une bonne mère. Mon fils a ses propres difficultés et je m’efforce de l’aider. Mais ça tu ne comprends pas. Tu sais quoi? Si ma marginalité fait que mon fils sera plus marginal ou plus ouvert tout simplement, bien j’aurai réussi. Car si ton look définit qui tu es, alors selon moi, on est voué à l’échec. Tu sais moi, je n’ai jamais jugé ton look, c’est le tien, ton essence à toi. Je t’aurais même parlé si tu arrêtais de lever ton nez en l’air chaque fois que je passe. C’est vrai que je n’ai peut-être pas de chandails griffés comme toi, mais la marque du vêtement ne fait pas de toi une meilleure personne.

Si la différence de nos looks te provoque un tel jugement, je n’imagine même pas la différence de nos enfants.

Alors sur ce, je te dirai un slogan que j’adore sur un de mes chandails préférés : Phoque off!

Et tu sais quoi? Ces chandails magnifiques sont réalisés par une maman d’un enfant autiste, comme le mien et 5$ par chandail vendu ira à la Fédération de l’autisme du Québec.

Je te laisse le lien si jamais tu voulais bien paraître et soutenir la cause…

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Je suis maman d'un merveilleux garçon qui a un TDAH et un TSA sans déficience intellectuelle. J'ai toujours été sensible à la maladie et aux troubles mentaux, je suis d'ailleurs préposée aux bénéficiaires. Mon fils réussit à faire ressortir le meilleur de moi-même. Le but de mes textes est d'évacuer mais surtout de conscientiser le monde à la différence et aux troubles mentaux ainsi qu'à leurs aspects dans la vie de tous les jours. J'espère vous toucher par mes écrits autant que moi je suis touchée en les écrivant.