Parce que…

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Parce que trois semaines après avoir écrit le texte J’abandonne, je ne vis pas bien avec ma décision et que j’ai décidé de continuer les démarches afin d’obtenir le soutien pour enfant handicapé…

Parce qu’après avoir complété une demande de révision qui a été refusée, que la prochaine étape, c’est le tribunal administratif et que la décision est finale, je dois prendre le temps de bien faire les choses, c’est-à-dire engager un avocat (recherches, appels, rencontres), faire les démarches pour obtenir un rapport d’un expert pour démontrer l’impact des difficultés de mon fils sur les autres enfants et sur la famille.

Parce que les gens qui devraient m’aider s’allient contre moi et que mon enfant tombe dans toutes les craques du système.  Eh oui, il existe un trou noir entre les différents organismes.  Chaque organisme a ses critères.   Quand tu as des besoins, mais que tu ne réponds pas aux critères ni de l’un ni de l’autre, bien tu tombes dans le trou.  Le trou que tous s’évertuent à ne pas voir!  Pourtant, il est vraiment gros et il est très difficile de passer à côté!

Parce que je dois me battre pour obtenir de l’aide, parce que je dois prendre le temps d’écrire des plaintes à la commissaire.

Parce que suite à ma plainte, on a demandé à me rencontrer, j’ai pris toute une nuit pour me préparer.  Quand tu as enfin la chance de pouvoir être entendu, tu prends le temps qu’il faut pour bien faire les choses, mais quand tu travailles, que tu as trois autres enfants qui ont aussi besoin de toi, tu coupes où tu peux, c’est-à-dire dans ton sommeil!

Parce qu’au travers de tout ça, tu dois continuer à être présente pour ton enfant et gérer ses difficultés du mieux que tu peux, avec l’aide des intervenants du privé…

Parce que j’ai encore des documents à compléter, des textes à écrire, des suivis de courriels et des retours d’appels à faire.

Parce qu’il y a seulement 24 heures dans une journée, que je suis humaine et que comme tout le monde, j’ai besoin de sommeil…

Parce que changer le monde un pas à la fois, ça demande tellement d’énergie et que je me sens tellement seule…

Parce que par moment, c’est vraiment difficile de rester valide et qu’il n’y a pas de chemin de tracé…

Parce qu’à l’OPHQ, ils sont vraiment gentils et très compétents, mais que malheureusement, ils ne peuvent pas faire les démarches à ma place et que personne ne peut le faire.

Parce que je banalise tout ce que je fais et juste d’entendre la psychologue me dire que c’est normal d’être fatiguée, d’avoir peur, de trouver ça gros toutes ces démarches et qu’elle n’est pas certaine qu’elle aurait le courage de faire la moitié des démarches que je fais, et bien je me suis écroulée…

Et voilà, pour toutes ses raisons, je suis officiellement en arrêt de travail.  Les larmes coulent doucement sur mes joues à l’écriture de ces derniers mots.  Je ne suis pas fière d’être rendue là, mais j’y suis que voulez-vous que je vous dise!

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Maman de quatre enfants, qui par leur grande sensibilité, l’ont amenée à remettre en question tout ce qui semble acquis ou naturel pour la plupart des gens. Elle se dévoue pour que ses enfants restent connectés à cette essence profonde qui leur est propre. Deux de ses enfants ont reçu un diagnostic de dyslexie/dysorthographie. Pour l’un d’eux, s’ajoutent une dyspraxie verbale, un trouble de la coordination motrice et un profil mixte d’hypersensibilité et d’hyposensibilité. Enseignante au primaire depuis 2002, elle travaille maintenant exclusivement avec les enfants en difficulté d’apprentissage.