Mon fils

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Dans le cadre du mois de sensibilisation à l’autisme, je vous partage le texte d’une collaboratrice Josée Tremblay.

Par une belle soirée d’août, il me tardait de tenir enfin sur moi, ce petit trésor si fragile. Ton arrivée fut sans larmes ni cris de ta part. Il régnait un calme plat, inquiétant.

Dès lors, l’on me refusait le droit de te serrer dans mes bras. Je ne pouvais que te regarder à travers les vitrines de l’incubateur. J’ai su d’instinct que notre vie d’avant,  telle que nous la connaissions, allait à jamais être transformée. Je t’ai promis d’être auprès de toi, coûte que coûte.

J’ai su que toutes les prévisions et les projets que j’avais planifiés pour toi verraient le jour de façon différente.

À chaque refus de notre part, tu devenais colérique. Du haut de tes 3 ans, âge fatidique où tout a débuté, tes hurlements nous faisaient peur. Nous ne savions comment réagir. À la fin des crises, ta chambre semblait avoir été dévastée par un ouragan.

À certains moments, tes mains battaient comme des ailes. C’était ta façon d’être heureux. Ces petits bonheurs, nous les mettions en banque, car il n’était pas toujours évident de te comprendre.

Avec le temps, nous t’avons appris à t’exprimer avec des signes. Nous t’avons laissé manger avec tes mains devant la complexité que tu avais de comprendre l’usage des ustensiles. Nous avons ajusté la façon de prendre nos repas puisqu’il était hors de question pour toi de manger autrement que sur les genoux de papa dans la même assiette. Nous nous sommes isolés pour nous protéger des jugements que nous étions des parents trop permissifs avec toi .

Bien sûr, nous avons pleuré. Nous nous sommes découragés, mais nous avons assimilé ce que veut réellement dire le mot « persévérance ». Nous avons fait de ta différence notre cheval de bataille.

Voilà déjà 17 ans que nous faisons équipe ensemble pour apprivoiser l’autisme. J’en retire une immense fierté. Bien des médecins affirmaient que tu ne parlerais jamais et pourtant, tu es devenu un petit moulin à paroles. Il y a encore des colères, mais maintenant, nous avons fabriqué des outils ensemble. Après beaucoup d’années d’efforts, j’ai le bonheur de te serrer dans mes bras, soutenir ton regard et te dire « je t’aime » et t’entendre me répondre  « moi aussi maman, je t’aime d’amour ».

Josée Tremblay, fière maman de David

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