Ma rentrée scolaire

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Il y a de cela un an et des poussières, je recevais le diagnostic officiel de mon enfant après huit mois d’attente et d’évaluations. Cette nouvelle difficile à digérer, quoique attendue, m’a été faite 10 jours avant la rentrée scolaire. Malgré tout, j’avais sincèrement envie de recommencer à enseigner et d’aimer 22 petits êtres de première année. J’étais convaincue que j’allais arriver à tout gérer. Pourtant, ma famille, mes amies et mes collègues m’ont tous suggéré de penser à moi et de prendre une pause. Mais, je suis entêtée. Je suis retournée au travail même si j’avais de plus en plus de signaux que ça n’allait pas bien : palpitations cardiaques, insomnie, essoufflement, etc.  Têtue, je vous dis. Mais, parfois la vie est bien faite dans son imperfection. Durant les journées pédagogiques d’août, avant l’arrivée de nos élèves, tout le personnel de mon école avait une formation pour mieux intervenir auprès des élèves TSA. J’étais convaincue être prête d’y assister et j’y voyais là une opportunité en or d’être encore plus outillée pour aider mon garçon. Une pierre deux coups, pensais-je. Têtue, est-ce que je vous l’ai dit? C’est alors que ce qui devait arriver arriva.

La formatrice a rapidement commencé à décrire les caractéristiques des enfants autistes et j’ai débuté à feuilleter la paperasse fournie. Après quelques minutes, ma tête s’est mise à bourdonner, une boule chaude est montée dans mon ventre et un étau me serrait la gorge. J’étais convaincue qu’une bombe allait tomber sur l’école. Crise de panique totale. Je suis partie en courant de la salle de formation, j’ai éclaté en sanglots et je n’ai arrêté qu’une fois rendue chez moi. La secrétaire avait même dû venir me reconduire à la maison.  Inutile de vous dire que cet incident venait de signer mon arrêt de travail. Puisque ma tête et mon cœur refusaient de voir qu’un temps d’arrêt serait judicieux pour gérer toutes ces émotions et logistique post-diagnostic, mon corps m’a passé le message de façon assez violente.

Pendant ce congé forcé, j’ai dû prendre le temps nécessaire pour me remettre sur les rails à grand coups de siestes, de petites marches,  de courtes lectures, de séances de confidence… Du gros travail sur soi! Après être passée de je-ne-suis-pas-capable-de-tondre-mon-gazon-sans-brailler-ma-vie à j’ai-envie-de-redécorer-la-maison-car-je-suis-écoeurée-de-voir-ses-quatre-murs, j’ai pu faire un retour progressif au travail couronné de succès.

Cette année, je suis heureusement dans un tout autre état d’esprit. Je tonds mon gazon avec le sourire et j’ai enfin décoré mon salon! Mais par-dessus tout, j’ai réellement hâte de rencontrer les enfants de ma classe et de les aider à  grandir du mieux que je peux avec le meilleur de moi-même. Je me sens vraiment d’attaque, physiquement et mentalement, pour affronter tous les défis que représente la rentrée scolaire. Aujourd’hui, je réalise que j’ai beaucoup cheminé et que c’est vrai que le temps fini par arranger les choses. Même si c’est hyper cliché!! Si vous  venez aussi d’apprendre l’inacceptable et que tout votre univers s’écroule autour de vous, il est indispensable de penser à soi et de prendre le temps de s’écouter. Même si ce n’est pas facile à entendre, notre cœur  et notre corps nous crient bien fort ce dont ils ont besoin. Écoutez mes conseils, ne soyez pas aussi têtu que moi.

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Enseignante au primaire depuis 11 ans, j’ai la chance d’être maman de deux beaux enfants. Ma grande fille de 8 ans a reçu un diagnostic de TDAH à l’âge de quatre ans. Avec sa folie et son énergie, elle nous fait vivre des montagnes russes d’émotions. Mon garçon de 4 ans a un TSA. Malgré cette différence, il charme tout son entourage. En équipe avec mon mari, j’arrive maintenant à vivre pleinement la vie un jour à la fois, et ce, au travers les hauts et les bas du quotidien. Écrire me permet maintenant de partager mon expérience de vie, mes questionnements, mes doutes mais aussi tout mon amour pour les enfants.