Lettre d’amour pour toi mon grand

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Mon beau grand loup, mon bel Ado,

Tu sais, je me souviens de cette première soirée passée à tes côtés. Je me souviens aussi de cette première fois où tu m’as souri. Je ne savais pas encore alors jusqu’à quel point notre rencontre changerait ma vie. Que, quelques mois plus tard, tu ferais de moi une maman. Tu es devenu mon cœur et mon âme, mon chaton. Que nos liens n’aient rien de sanguins ou de biologiques m’importe peu. Tu es mon fils et tu le seras toujours.

Déjà, du haut de ton petit  13 ans, la vie t’a écorché, on ne peut le nier. Ta courte vie est déjà bien teintée par les départs, les décès… Entre les circonstances de ta naissance, la maladie et le départ rapide de papie, de Gigi… Il t’aura fallu très jeune saisir l’immuable réalité de la vie et de sa consœur, la mort. Déjà tu sais depuis longtemps que la mort est une fin, une finalité. J’espère que nous aurons su apaiser tes craintes sur le sujet lorsque le sujet fût abordé.

Et puis, il y a le quotidien avec un petit frère aux particularités parfois orageuses. Il y a déjà bien des années que tu nous épaules dans ce cheminement. J’ai parfois l’impression que tu t’es privé de vivre la rébellion de l’enfance qui fonce vers l’adolescence, trop conscient du combat qui se menait dans et pour notre famille. J’ai souvent l’impression que tu t’empêches de vivre tes propres angoisses, de me faire connaître ton anxiété parce que tu crains d’ajouter à un fardeau qui n’est pas le tien.

J’essaie toujours de te rappeler que je suis là, que nous sommes là, disponibles pour toi aussi. Que tu as le droit de nous parler, de nous demander ta part d’attention. Je fais de mon mieux pour t’épauler, t’encourager, fêter tes réussites à toi, comme nous fêtons celles de ton frère. Pour que tu comprennes que tu n’es pas numéro 2 dans nos priorités, que ton frère et toi, dans vos différences, êtes égaux.

J’aime tellement te voir t’épanouir. Voir et entendre ta curiosité vis-à-vis la vie, l’univers, le monde, la politique… J’aime entendre tes réflexions sur les sujets d’actualité, prendre conscience que toutes ces discussions qui semblaient futiles au fil des ans auront eu une influence si positive sur celui que tu deviens, sur cette personnalité que tu te formes.

J’aimerais que tu saches à quel point je suis si fière de l’homme que je vois doucement poindre, comme cet ombrage de moustache molle qui se pointe. Lentement, je te vois prendre de l’assurance. Je sais que ta  vie d’adulte sera teintée de ce parcours qui t’est si particulier. De ces explications qui auront parfois pris la place des histoires enfantines. De maman étoile, à ce qu’est un cancer, en passant par ton TDA et les diagnostics de ton frère, je sais que quelque part, notre famille un brin particulière, aura son impact sur l’adulte, le travailleur, le citoyen, le parent que tu seras. Je suis certaine que  tout ce cheminement que nous avons fait ensemble, toi, moi, ton frère et ton père, aura fait de toi celui que tu es et seras : aimant, respectueux, compréhensif, curieux.

Mon beau grand loup, mon bel ado…

Mon garçon, j’aimerais trouver les mots pour te dire à quel point je t’aime. Simplement. Pour qui tu es. Pour toi.

Maman

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Éducatrice à la petite enfance depuis une vingtaine d’année, adepte de l’entrainement en force pour ne pas perdre complètement la tête, Nancy Ringuet, très possiblement TDAH, est maman de deux garçons à diagnostics : un grand TDA sévère et un plus jeune SGT, TDAH impulsivité mixte et TOP. C’est un long combat qui aura mené aux diagnostics du plus jeune, et un long combat qui s’engage pour faire reconnaître ses besoins. Passionnée de recherches et assoiffée d’en apprendre plus, elle fouille le net sous toutes ses coutures. Elle partagera ici des textes et réflexions sur ce vécu différent de mère chef de famille, avec un conjoint dont le travail l’amène à être absent.