Les arts martiaux et la confiance en soi

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J’ai vu sur Facebook que des personnes avaient recommandé nos classes à une maman dont l’enfant avec des besoins spéciaux était intimidé à l’école. Je n’ai pas interféré dans la discussion, car tous et chacun ont leurs façons de réagir face à ce genre de situation et ont leurs perceptions. Avoir un enfant avec des besoins spéciaux nous amène souvent à surprotéger nos enfants sans les aider à développer leur confiance en soi. Une intervenante dans cette discussion Facebook a mentionné que les arts martiaux n’avaient pas d’impact dans ce genre de situation.

Pour ma part, j’ai été une victime d’intimidation à l’école durant toute mon enfance et adolescence, certains se sont amusés à me frapper au visage devant des dizaines de personnes afin de se faire un nom. Je n’ai aucune haine envers ces matamores aujourd’hui, car ils ont participé activement à mon développement et ont fait de moi la personne que je suis devenue. J’étais une cible facile, je ne me défendais pas et je manquais de confiance en moi. Curieusement, lorsque j’ai débuté les arts martiaux à l’âge de 20 ans, je n’ai plus jamais souffert de voies de faits. La confiance se voit chez une personne et les bullies le voient mieux que toutes autres personnes, car en réalité, ces gens sont des faibles qui ont souvent été abusés eux-mêmes. J’ai fait une carrière de 30 ans dans la GRC et j’ai dû faire face à des gens beaucoup plus dangereux que les soi-disant matamores qui m’ont frappé durant mon adolescence et je ne me suis jamais plus laissé intimider.

Lorsque mon fils Philippe (autiste) a débuté l’école en classe adaptée puis fut transféré en classe régulière, il était la cible parfaite pour les bullies de son école car il était dans sa bulle et non-violent envers les autres. Nous demeurions de l’autre côté de la rue en face de l’école et nous avons observé à maintes reprises des enfants s’en prendre à lui physiquement. Cela me mettait en colère, vous n’avez pas idée, évidemment, nous avons avisé la direction de l’école, mais Philippe ne pouvait pas être sous surveillance en tout temps par les professeurs. Comme je l’explique plus haut, lorsque tu es sans confiance en toi, les bullies s’en rendent compte rapidement. Curieusement, lui aussi a cessé de se faire intimider par les matamores après avoir commencé à pratiquer les arts martiaux. Et il n’a jamais été violent envers qui que ce soit jusqu’à maintenant.

Si votre enfant se fait intimider à l’école, l’option de pratiquer les arts martiaux va lui apporter plusieurs bénéfices, dont l’estime de soi et la confiance en soi, qu’il soit un enfant avec des besoins spéciaux ou non. Je l’ai expérimenté, je sais de quoi je parle et je l’ai observé sur mes étudiants réguliers également.

Croyez-moi, sur le long terme, votre enfant va en bénéficier. J’ai vécu l’humiliation et j’en ai beaucoup souffert.

Avant d’écouter un conseil d’une personne, demandez-lui si elle-même l’a fait ou expérimenté et quels résultats elle a obtenu, c’est la base d’après moi, avant de mettre en pratique les conseils d’un ami.

Je tiens à ajouter que je ne porte aucun jugement sur qui que ce soit et que mon intervention sert à aider les personnes avec des besoins spéciaux que j’aime beaucoup. Nous avons un impact et nous devons tout faire pour les aider à ne plus être plus des victimes.

Je sais aussi ce que c’est de sauter en parachute parce que je l’ai fait et j’ai réussi, il faut faire une chose avant de dire « je sais ».

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Père d'un garçon autiste, André est le fondateur d’Autisme Karaté et vice-président d’Adama (Association de développement des arts martiaux adaptés). Professeur de karaté ceinture noire 2e dan, il pratique les arts martiaux depuis plus de 25 ans. Avec son épouse Nathalie, André a développé et adapté des cours de karaté pour les enfants et leurs parents, basés sur son expérience personnelle. Il enseigne maintenant les arts martiaux adaptés depuis 2009 et a fait bénéficier cette discipline à plus de 150 étudiants au prise avec l’autisme à différents niveaux.