Le pire et le meilleur…

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En Belgique, c’est aujourd’hui la fête des pères…

Pendant de longues années, ce jour avait un gout amer pour moi. Je ne sais pas ce que c’est de préparer un cadeau pour son géniteur, en espérant lui faire plaisir, en provoquant sa fierté ou un petit sourire amusé. Je l’offrais à ma mère, mon grand-père ou mon beau-père, mais sans la conviction d’accomplir un geste réel.

Je voyais ces hommes qui attendaient à la sortie de l’école et je me demandais ce que ça faisait d’avoir deux parents, de se refléter dans les yeux de deux personnes qui ont mis leur vie et leur amour en vous. On vit avec le manque sans comprendre que c’est un manque et du coup il ne vous manque pas. Ambivalence de l’absence qui se fait trop présente…

Ma plus grande fierté et ma plus grande réussite est d’avoir pu donner à mon fils un père, un vrai, un qui fond devant ses yeux larmoyants et joue avec lui comme un enfant, mais gronde comme un géant… C’est beau de découvrir la paternité dans les yeux de son enfant et je suis souvent émue de ce lien magique que je ne connais pas… Et j’ai dû apprendre à partager ma parentalité, trouver un équilibre et parfois m’effacer.

Pourtant, je ressentais aussi cette culpabilité mal placée de ne pas avoir pu donner à mon mari l’enfant dont on rêvait, coupable de lui faire vivre toutes ces épreuves et toutes ces douleurs… Je craignais qu’il s’en aille, comme le mien, parce que la différence était une charge trop lourde et qu’il y perdait toute sa liberté… Tant de pères fuient leurs responsabilités face à l’adversité, que je n’ai pu m’empêcher de lui en parler et de m’excuser…

Il m’a fait alors la seule et unique réponse qu’un papa pouvait faire et qui m’a montré la force de la paternité quand elle est réellement présente et aimante : « On a le fils qu’on a, je ne comprends pas ta question… Pourquoi je partirais? »

Dans la paternité, j’ai connu le pire et j’ai épousé le meilleur… et j’en apprécie encore plus chaque instant.

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Professeure dans une école au public difficile, Liza pensait avoir tout vu de la différence jusqu'à ce qu'elle devienne maman d'un petit garçon extraordinaire qui a chamboulé ses convictions autant que son cœur. Les premières années furent marquées par la culpabilisation médicale et les nuits sans sommeil à tenter de comprendre un bébé qui ne voulait pas en être un et ne suivait pas l'évolution classique d'un enfant : entre les crises de colère et d'angoisse , les dinosaures et l'espace, il y avait de quoi se sentir perdue. Il a fallu entamer la longue marche des diagnostics mais Aspiboy est un filou qui ne rentre dans aucune case. Même dans sa différence, il est différent. Il a toutefois séduit par son humour et sa vivacité de nombreux internautes qui suivaient Liza devenue Maman Aspie pour la sphère Facebook et qui gère aussi le groupe de soutien Croco Mum pour les mamans différentes car ensemble, on est plus fortes.