L’autisme dans ma vie

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Je me souviens de mon premier contact avec l’autisme. J’étais au primaire et il y avait des classes d’adaptation scolaire à l’école. À la fin du primaire, je les accompagnais dans la grande cour à la récréation et je faisais de l’aide aux devoirs. C’était naturel pour moi. Je ne saurais pas trop dire pourquoi. Dans mon album de finissants, alors que toutes les filles disaient vouloir devenir enseignante ou infirmière, moi j’écrivais vouloir travailler avec des enfants handicapés!

Durant mon bacc en psycho, j’ai travaillé comme accompagnatrice dans un camp de jour où j’ai croisé des enfants merveilleux. Étonnement, depuis que j’ai terminé mes études, j’ai toujours travaillé avec des adultes.

Depuis quelques années, je vis tout de même l’autisme au quotidien avec mon merveilleux garçon de 7 ans. Je vais toujours me rappeler… Un 23 décembre, enceinte de ma troisième, le diagnostic est tombé. Je n’y croyais pas et il nous a fallu plusieurs mois pour l’accepter. Notre entourage aussi n’y croyait pas. Voyons, il est verbal, sensible aux émotions, intelligent, timide, mais tout de même sociable, empathique à son petit frère…

Oui, il est tout ça et encore plus, il nous épate chaque jour par sa résilience et sa capacité d’adaptation, mais il ne faut pas se mettre la tête dans le sable… L’autisme ne se rétractera pas. Mon p’tit bout d’homme nous en fait voir de toutes les couleurs, mais le plus, souvent de belles couleurs! Malgré les crises, les nombreuses rigidités, les adaptations nécessaires, l’anxiété, on ne le changerait pas pour rien au monde!

Oui, j’aimerais pouvoir lui enlever ses difficultés pour lui faciliter la vie, mais j’ai choisi de l’accepter sans pour autant minimiser son potentiel. Oui, parfois, il fait ressortir le pire de nous, mais souvent, il fait sortir le meilleur. Il nous rend plus empathiques, plus ouverts à la différence. Il nous fait porter moins d’importance aux petites difficultés de notre quotidien. Pas seulement pour mon mari et moi, mais aussi pour son frère et sa sœur ainsi que pour notre entourage. Oui, parfois j’ai peur, peur de l’avenir de mon fils, de l’adolescence, des embûches que la vie mettra sur son chemin. Toutefois, le seul pouvoir que j’ai sur l’avenir, c’est aujourd’hui. C’est de croire en lui, de lui offrir tout le soutien et les services nécessaires, d’accepter que rien ne sera parfait.

Une collègue m’a fait une réflexion percutante, mais qui fait beaucoup de sens… « Peut-être que la vie t’a amenée ailleurs professionnellement parce que gérer l’autisme au quotidien et au travail, ça aurait été trop difficile. Mais on n’a pas mis ton fils sur ta route pour rien. » Ma grand-maman, elle, disait toujours que la vie nous envoie seulement les épreuves que nous sommes capables d’accepter…

L’autisme fait partie de toi mon fils et par le fait même, de nos vies. Mais j’ai choisi de le voir comme une chance de t’avoir parmi nous. Malgré la pluie et les tempêtes, nous sommes une famille forte qui trouvera toujours la lumière. Car ton frère, ta sœur et toi, vous êtes nos rayons de soleil.

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Maman de trois petites merveilles, deux garçons et une petite fille. Mon plus grand vit plusieurs défis depuis son jeune âge. Il a été opéré trois fois pour un strabisme important entre l'âge de 6 mois et 5 ans. Il a reçu plusieurs diagnostics et hypothèses depuis l'âge de 4 ans : TSA, TOC, TDAH, TOP, SGT. Professionnellement, je suis bachelière en psychologie et membre du registre des droits acquis de l'OTSTCFQ. Je travaille en intervention depuis 15 ans, d'abord auprès d'enfants et de familles. Depuis les 10 dernières années, je travaille en réinsertion sociale avec une clientèle en santé mentale, judiciarisée, dépendance, etc. Je suis depuis 5 ans coordonnatrice clinique responsable d’une équipe de 15 intervenants dans un centre d'hébergement. Je jongle tous les jours avec mes multiples chapeaux et les défis que la vie nous amène.