La ressemblance dans la différence

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Vous savez qu’avec nos cocos, c’est souvent difficile d’avoir des amis qui les comprennent.  Souvent, ça commence bien et au fur et à mesure que l‘amitié avance, les autres enfants voient la différence de notre enfant et c’est là, que nos cocos deviennent bizarres et que les autres s’éloignent.  C’est super triste, mais c’est la réalité que bien des parents vivent avec leurs enfants à besoins particuliers. C’est aussi ma réalité.

Ma meilleure amie d’enfance et moi, on se connait depuis que j’ai dix ans.  Ça fait 32 années d’amitié qui a eu des bas mais beaucoup de hauts.  Nous étions toujours ensemble quand nous étions jeunes et à  l’âge adulte, nous sommes restées en contact aussi car une amitié comme celle-là, à moins d’un coup très dur, on continue de l’entretenir.  J’ai eu mes grandes filles de bonne heure et elle était là pour les voir.  Elle a eu ses enfants plus tard et j’ai été là, moi aussi, pour les voir.  Sauf qu’un jour, on s’est perdues de vue et ça a duré huit ans.  Pas à cause d’une friction, mais c’est seulement la vie qui a fait en sorte que nos chemins se sont éloignés.

À toutes les années, je l’appelais pour sa fête, mais jamais de retour.  Je laissais un message car je me disais qu’un jour, elle reviendrait vers moi.  Et avec l’espérance, est venue la joie de la retrouver.  Un coup de téléphone dans le temps des fêtes et je retrouve mon amie d’enfance qui voulait des nouvelles.  Elle avait changé de numéro de téléphone alors voilà pourquoi que je ne pouvais avoir de retour d’appel.  On se fixe un souper au calendrier pour nous retrouver avec nos familles, car j’ai deux enfants de plus et elle avait les siens qui ont grandi aussi.  On continue de jaser et elle m’apprend que ses enfants sont autistes tous les deux, à des degrés différents.  Je lui annonce que je vis avec l’autisme de mon garçon moi aussi depuis deux  ans mais que le TDA/H et la dyslexie/ dysorthographie font aussi partie de nos vies.  Même constat de son côté.  WOW!!! Sans le savoir, la vie a fait en sorte que nous vivions chacune de notre côté le même combat quotidien.

Lors de notre souper, les enfants sont chacun de leur côté et la gêne est palpable.  Je veux faire en sorte que mes enfants se comportent bien, car je sais par expérience que des enfants turbulents, quand on est en visite, ça ne fait pas le bonheur.  Alors je fais de la discipline : « Ne cours pas svp.  Arrête de crier.  Svp, parle moins fort.  Assieds-toi comme il faut… » Et j’en passe.  Pendant que je l’aide pour le souper, ma chum depuis les 32 dernières années me dit la chose la plus magnifique qui soit : « Vicky, laisse les respirer, on sait c’est quoi nous ici et on laisse vivre les enfants.  Lâche-les un peu. » Mon Dieu! Qu’elle avait raison!  J’ai jamais vu mon garçon, qui est solitaire le plus souvent, rire et jouer avec son petit dernier qui est exactement comme lui.  Ils couraient partout et riaient oubliant les jugements sur leur comportement.  J’ai même joué à une sorte de  jeu de dames qu’il faut enligner dans une grille (désolée, je ne me souviens plus du nom) et je me suis faite « torchée d’aplomb » (ce sont les mots exacts employés par les jeunes devant ma déconfiture quand ils gagnaient!) par ses cocos et par le mien en plus.  Et j’ai vraiment essayé de les avoir!

Il n’y avait plus de différence, plus de diagnostic, plus de thérapie…. Il n’y avait que des enfants qui s’amusaient et ce fut une soirée mémorable.  Ne pas faire de discipline pour ne pas déranger c’est vraiment merveilleux, surtout quand tu sais que la personne qui te reçoit, te comprend et t’appuie.

Mon fils, avant d’aller au souper, m’avait demandé où on allait et je lui avais parlé de mon amie qui  avait deux garçons autistes comme lui.  Savez-vous ce qu’il m’a répondu?

« YAEHH! Enfin! Du monde comme moi! »  Et il a demandé à y retourner souvent après la soirée. Il y a de l’espoir !

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Vicky Mc Carthy est une femme dans la quarantaine un peu cinglée. Mariée à un hypothétique TSA, elle est aussi maman de 4 amours, tous TDA/H avec de la dyslexie/dysorthographie pour la plus vieille et TSA pour le plus jeune. Elle essaie de voir le bon en chaque personne et d’avoir une opinion sur un peu tous les sujets. Sa préoccupation première est sa famille mais aussi d’avoir un bon gros morceau de chocolat pour les baisses de positivisme. Elle aime faire des « jokes » plates selon ses enfants mais à la longue, on finit par aimer son humour et son franc-parler. Travaillant dans le domaine de la santé, elle se donne corps et âme pour le bon développement de sa sacro-sainte progéniture dans leur diagnostic, dans leur développement scolaire et dans leur vie. Bienvenue dans ce tutti-fruitti