Je sais

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À toi… Je sais que tu donnerais tout pour ton enfant. Je sais que même si tu ne veux te l’avouer, ton enfant, il t’épuise. Que même si toutes tes pores de peau suent l’amour à plein nez, ce n’est pas comme ça que tu l’avais souhaité. Que parfois, quand ton enfant s’endort, tu te permets de verser des larmes dans ta douche en criant dans ta débarbouillette pour être sur de ne pas te faire sursauter toi-même.

Je sais que parfois, tu es tannée de tout ça, que tu partirais au loin, le temps de recharger tes batteries. Que parfois, c’est juste trop dans ta vie que tu avais planifiée en décidant d’avoir cet enfant. Que chaque fois qu’on te dit que tu es quelqu’un de fort, tu as envie de crier que dans le fond, tu es si faible à l’intérieur.

Je sais qu’à chaque fois que quelqu’un te dit de ne pas oublier de prendre soin de toi dans tout ça, tu as envie de lui rire en plein visage et de lui demander s’il veut garder ton enfant, le temps que « tu prennes soin de toi », juste pour le voir bafouiller sa réponse.

Je sais que dans tout ça, tu as envie que chaque personne que tu côtoies voient une seule journée dans ta tête, dans ton cœur de parent, pour qu’enfin, ils arrêtent d’essayer de dédramatiser la situation. Qu’ils comprennent tes sentiments.

Je sais que tu es fatiguée, que tu es épuisée. Que tu voudrais parfois enlacer ton enfant pour pouvoir vivre l’amour le plus simplement possible.

Je sais que tu aurais envie d’avoir un bulletin normal, rencontrer le professeur à la remise de bulletin seulement. De ne pas connaître les termes comme TES ou comorbidités. Que tu aurais aimé voir des fêtes d’enfants et des soirées pyjama. Je sais que tu aurais aimé que ton enfant revienne de l’école en t’expliquant tout ce qu’il a appris durant la journée et que ce soit de l’apprentissage de son âge. Que quand tu dis qu’il ne sait pas faire quelque chose, qu’on ne te regarde pas comme un parent indigne.

Je sais que ce n’est pas facile. Je sais que tu donnerais tout pour que ton enfant soit comme les autres. Que tu diras ce que tu voudras, sa différence te fait une douleur si forte dans la poitrine qu’on t’a diagnostiqué un trouble de l’anxiété généralisé.

Je sais que tu ne te reconnais plus, dans le miroir, mais aussi intérieurement. Qu’il y a une partie de toi qui est partie la journée du diagnostic. Que tu pourras essayer tant que tu voudras, que ça restera difficile à avaler.

Mais je sais surtout que ton enfant, tu l’aimes. Qu’il te rend fière quand il réussit une victoire personnelle. Je sais aussi que cette boule à l’intérieur de ta gorge qui t’empêche de respirer le soir venu, c’est cette boule qui te fait foncer pour ton enfant. Que tu vas pousser pour des services, que même si tu n’as plus foi en l’arrivée de ces dits services, tu vas continuer. Pour ton enfant, ta chair, l’amour de ta vie.

Je sais que quand ton cœur bat, il bat pour lui. Je sais que ton enfant, la première fois que tu l’as vu, il t’a rendu si fière et que ce sentiment tu le ressens chaque fois que tu le regardes jouer dans son coin.

Que tu l’aimes, que pour toi, c’est cette personne qui te poussera à aller au bout de tes forces.

Je sais tout ça car je suis comme toi. Je l’aime plus que tout. Et je sais que malgré tout, tu l’aimes plus que tout.

Je te comprends car je sais, tout simplement.

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Je suis maman d'un merveilleux garçon qui a un TDAH et un TSA sans déficience intellectuelle. J'ai toujours été sensible à la maladie et aux troubles mentaux, je suis d'ailleurs préposée aux bénéficiaires. Mon fils réussit à faire ressortir le meilleur de moi-même. Le but de mes textes est d'évacuer mais surtout de conscientiser le monde à la différence et aux troubles mentaux ainsi qu'à leurs aspects dans la vie de tous les jours. J'espère vous toucher par mes écrits autant que moi je suis touchée en les écrivant.