Continuons ensemble

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Ce soir, je me questionne à savoir si mes textes pourraient te toucher. En seras-tu fier ou plutôt te décourageront-ils? Pourras-tu comprendre ma vision de tout ça ou resteras-tu dans l’idée que c’est ta vie privée?

J’aimerais te parler de ma façon de voir les choses. Tes difficultés et tes crises sont parfois difficiles pour maman et ma façon de rendre ça plus facile est d’écrire et bien sûr de lire d’autres histoires comme la nôtre.

De me dire que je ne suis pas seule à vivre ces difficultés, qu’il y a des gens dans la vie qui, comme moi, ont ces défis.

Pour toi, savoir qu’un ami est TDAH ou autiste te rassure. Lorsque tu sais que d’autres prennent des médicaments tout comme toi, je sens ton sentiment d’appartenance. Tu sembles heureux et accepté.

Et bien pour maman, c’est la même chose, mais à l’inverse. Je parle de moi, de toi, de tout ça. De la fierté que j’ai quand tu réussis une victoire, de ta détresse quand tu es dans la zone grise. Comme ça, d’autres mamans comme moi s’identifient à nous et je crois bien mettre au baume sur leur cœur de maman qui est parfois fatigué.

Je crois que plus on en parlera et plus tout cela sera compris et accepté. Je souhaite faire comprendre aux gens que parfois, tu ne comprends pas, tout simplement. Que parfois, la vie n’est pas celle qu’on croyait avoir. Que même si parfois c’est difficile, il y a non loin beaucoup de réussites.

Je veux que tu comprennes que mon but est d’aider. Toujours aider dans tout ça. Mon but ne serait jamais de te faire de la peine. Oui parfois maman trouve ça dur, mais je ne trouve pas dur de t’avoir comme enfant, je trouve dure la société avec toi. Avec ceux qui te ressemblent. Mon but est que par mes écrits, les gens soient conscients de tes embûches, mais surtout de tes victoires.

Je veux que la prochaine fois que tu agiras différemment de la population, que les gens sachent que dans ta tête à toi, tu le vois différemment. Que pour toi, sauter sur place quand tu es content, c’est comme quelqu’un qui se mettrait à rire. Que quand tu tournes sur toi-même, pour quelqu’un d’autre ce serait une bonne inspiration. Que quand tu fais une crise, c’est ta manière de montrer que dans ta tête, ça ne fonctionne pas. Quelqu’un d’autre pleurerait, toi tu agis différemment. Pas moins bien, juste différemment.

Je veux que les gens comprennent l’autisme, que ça devienne une normalité dans la différence de tes agissements. Je veux que dans ton cœur tu te sentes aimé, que dans ta tête tu te sentes accepté, que tu aspires à la vie et au futur.

Je veux que tu sois toi. Que dans tout ça, tu t’acceptes. Que ton autisme soit bien ancré dans ta tête, comme une acceptation.

Je veux que tu saches que moi je suis fière de toi, que j’aime être ta maman. Que même si maman dit que c’est parfois difficile, que tu saches qu’un jour, si on continue de sensibiliser, ce sera de moins en moins difficile pour d’autres après nous.

Soyons parmi les pionniers de l’acceptation. Je t’aime mon cœur, à tout jamais.

Je suis fière de toi. J’espère de tout cœur qu’un jour tu seras aussi fier de toi que je peux l’être.

Tu es fort, tu es sensible, tu es toi. Dans ton petit corps d’enfant. Je t’aime.

Et si un jour on réussit, on pourra dire qu’on a été bon ensemble dans tout ça.

Alors continuons ensemble, si tu le veux bien.

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Je suis maman d'un merveilleux garçon qui a un TDAH et un TSA sans déficience intellectuelle. J'ai toujours été sensible à la maladie et aux troubles mentaux, je suis d'ailleurs préposée aux bénéficiaires. Mon fils réussit à faire ressortir le meilleur de moi-même. Le but de mes textes est d'évacuer mais surtout de conscientiser le monde à la différence et aux troubles mentaux ainsi qu'à leurs aspects dans la vie de tous les jours. J'espère vous toucher par mes écrits autant que moi je suis touchée en les écrivant.