Comprendre pour mieux soutenir

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Je n’ai pas écrit de texte depuis un petit moment. Disons que notre été a été mouvementé. Nous avons terminé l’année scolaire de mon grand garçon dans le bureau de la directrice avec plusieurs intervenants présents pour une révision du plan d’intervention. Rien de nouveau en soi, sauf que cette fois-ci, mon fils avait un échec dans une matière et c’était la première fois. On nous a dit qu’il semblait souvent inattentif et non-disponible lors des apprentissages. On nous a recommandé d’aller faire une évaluation pour le TDA. Je vous avoue qu’après la rencontre, ma première réaction a été la colère. J’ai vu rouge. Je n’étais pas en colère contre les professeurs ou les intervenants, ma rage était contre la situation. Pourquoi encore un autre diagnostic? Pourquoi encore une autre évaluation? Me semble qu’on a assez de stress? Je me disais: « On peux-tu avoir un break? » Entre mes deux cocos, on a déjà plusieurs diagnostics, mais pas le TDA et je ne voulais pas de lui. Disons que mon vase est plein. Très plein.

Je me suis calmée et comme toujours, je me suis mise en mode « solution ». Nous avons décidé de faire une évaluation avec une neuropsychologue. Je trouve que c’est délicat de donner un diagnostic de plus à un enfant qui a un TSA. Auparavant, on appelait ça « trouble envahissant du développement ». Ce nom décrit bien la problématique. Chaque enfant est différent et l’atteinte peur varier au niveau du langage ou de la motricité. Parfois, c’est au niveau sensoriel que c’est plus difficile. Mais une chose qui est assez récurrente, c’est que dans l’ensemble, quand on a un diagnostic de TSA, chaque sphère du développement est touchée. Alors comment savoir si notre enfant a vraiment une problématique de plus? Si ce n’est pas quelque chose qui serait causé par sonTSA? Elle est où la ligne? C’est pour cette raison que nous nous sommes dit que la meilleure personne pour répondre à nos questions était ce type de professionnel.

Après avoir discuté avec la neuropsychologue, nous avons décidé de commencer par faire une évaluation en orthophonie. En effet, ses difficultés dans plusieurs matières pourraient être expliquées par une problématique en langage. Quelques semaines plus tard, on nous annonçait que notre fils avait effectivement un trouble de langage, ce qui avait des répercussions sur ses apprentissages en français. Par contre, nous devons continuer d’investiguer avec la neuropsychologue pour voir s’il y a des atteintes à d’autres niveaux. Donc notre prochaine étape est une autre évaluation.

Je ne veux pas aller à la chasse aux diagnostics. Ce qui est important pour nous, c’est de mieux connaître les défis spécifiques de mon garçon afin de pouvoir s’ajuster autant à la maison qu’à l’école pour mieux l’aider. Savez-vous ce qui est le plus difficile? C’est de devoir scruter à la loupe chaque sphère de son développement. Quand notre enfant reçoit un diagnostic de TSA, le mot autiste fait très peur. Mais de prendre le temps de regarder chacune des difficultés causées par le diagnostic, de voir où ça « accroche » comme on dit, je trouve ça vraiment pénible. Ça me prend parfois tout le courage que je possède pour oser soulever chaque nouvelle pierre qui se présente devant nous. J’ai peur de ce qui pourrait se cacher dessous…

Malgré tout et pour toujours, nous allons prendre chaque chose en son temps et faire le maximum pour soutenir notre coco. Avez-vous vécu quelque chose de semblable ?

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Éducatrice en petite enfance depuis maintenant 14 ans, Jessie est passionnée de son travail. Elle est maman de deux garçons de 7 ans et 9 ans. Son plus jeune garçon a une dyspraxie verbale et un trouble d’acquisition de la coordination motrice. Son grand garçon a un diagnostic de TSA. Elle s’inspire de son quotidien pour écrire ses textes et ça l’aide à faire le point sur différentes facettes de sa vie. Jessie est une personne pleine d’énergie, toujours prête à aider son prochain et qui est impliquée dans la vie scolaire de ses enfants. Elle préside le comité EHDAA depuis maintenant deux ans à la commission scolaire des Trois-Lacs car la cause des élèves HDAA lui tient à cœur. Elle adore faire du bénévolat! La tête toujours pleine de projets qui sont parfois inusités, elle est une fille d’action. Ses enfants sont au centre de sa vie et c’est avec humour et autodérision qu'elle arrive, avec l’aide de son conjoint, à traverser les petites et parfois les grosses tempêtes de la vie de parents d’enfants différents.