Ce moment

0
212

Ce moment de la vie où ton autisme sera le dernier de mes soucis. Comme une mauvaise mère, j’aurais peine à me relever de ce dernier défi. Comme si toutes mes pores suaient la tristesse. Ce jour, où je n’y arriverai pas, que je pleurerai toutes mes larmes car dans la vie il y a des hauts et des bas et en ce moment, tout ce qui va bien autour de moi, c’est toi.

Quand mes émotions et mes défis de vie seront bien présents dans ma tête, je remercierai la vie quand même car toi, tu iras bien. Car dans cette peine de ma vie tu seras le dernier à qui je voudrai en parler.

Car je sais que devant toi, j’essayerai de bien le cacher, mais comme ton intelligence émotionnelle me l’a souvent montré, nous sommes reliés par un lien qui ne s’éteindra sans doute jamais. Alors tu ressentiras la tristesse de mes échecs de vie.

Sans vouloir te le montrer, je te le ferai ressentir. Car mon corps, ma tête, mon cœur pollueront notre vie de cette tristesse à l’intérieur de moi.

Et même si je croyais que tu étais ma bouée, mon phare, il y aura des moments où je perdrai pieds. Car moi aussi, j’ai un secret bien refoulé, j’essaie de le camoufler, mais comme un maquillage mal appliqué, tu verras la transparence à l’intérieur de mes yeux quand je te mentirai en te regardant et te disant que tout va bien et que je n’ai pas de peine.

La vérité est que maman ne va pas bien. Mieux qu’elle l’a déjà été, bien sûr. Mais cette jambette de la vie me fait perdre pied plus que je ne l’aurais cru. J’essaie du mieux que je peux de ne pas t’affecter avec mes lourds problèmes d’adultes. Je voudrais cacher ce moment d’anxiété à l’intérieur de moi, mais je n’y arrive pas.

C’est à ce moment que tu réussiras à me faire sourire, avec une mimique, une chanson, un sourire. Quand je verrai que pour toi, cet échec de ma vie ne t’apporte pas tant de malheur. Je me réconforterai en me disant que j’ai peut-être de la difficulté à surmonter ma peine, mais que tu es là, avec moi. À ta façon, tu réussis à me sortir de la noirceur.

Sans le savoir, tu n’es pas ma bouée ni mon phare. Tu es là, tout simplement. Et je crois qu’à ce moment, je n’aurai besoin que de ça, que de toi.

Car même si la vie m’a encore joué un tour, sans que je m’en aperçoive, le plancher s’est écroulé sous mes pieds. Je croyais m’y perdre encore une fois. Mais tu m’as montré qu’il y a plusieurs façons de reconstruire ce qu’on croyait détruit.

Car toi, dans ton petit corps, dans ta tête que je croyais compliquée, pour toi c’est simple, c’est ici et maintenant.

Pas de futur, pas de passé. Juste le présent.

Alors mon amour, aujourd’hui, je ferai comme toi, je penserai à maintenant. Allez, viens qu’on passe un bon moment avant que tu retournes chez papa.

Viens m’expliquer comment ce moment présent, peut et doit être si important.

PARTAGER
Article précédentOups!
Article suivantTsé la dyspraxie…
Je suis maman d'un merveilleux garçon qui a un TDAH et un TSA sans déficience intellectuelle. J'ai toujours été sensible à la maladie et aux troubles mentaux, je suis d'ailleurs préposée aux bénéficiaires. Mon fils réussit à faire ressortir le meilleur de moi-même. Le but de mes textes est d'évacuer mais surtout de conscientiser le monde à la différence et aux troubles mentaux ainsi qu'à leurs aspects dans la vie de tous les jours. J'espère vous toucher par mes écrits autant que moi je suis touchée en les écrivant.