Car la vie est si fragile!

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Ma mère est  décédée à 52 ans des suites d’un cancer de la gorge dû à ses frasques et abus.  Dernièrement,  je revivais le même processus, mais avec sa petite sœur, ma deuxième mère, ma tante.

En décembre dernier, ma tante a été hospitalisée dans notre Gaspésie natale pour une masse au cerveau.  Sa santé s’est dégradée très vite au point qu’en un mois, à cause de l’enflure et de la pression que la masse occasionnait dans sa tête, ma tante avait cessé de parler, de manger seule et de réagir aux stimuli.  En octobre, lors d’un rendez-vous avec son médecin pour un test annuel, elle se ramassait avec une nouvelle qui nous a tous bouleversés…  Tumeur au cerveau.  Le 28 décembre 2015,  elle était transférée à l’hôpital de Québec.  Tous les jours durant cette période, j’étais près d’elle pour lui tenir la main en lui disant que je ne la laisserais pas tomber et que je l’aimais très fort.

Ma mère est partie depuis 10 ans, mais on ne s’habitue jamais à la perte d’un membre de notre famille.  Quand ma mère avait des problèmes, c’était ma tante qui nous prenait et qui s’occupait de nous.  Cette grande dame a eu son lot de difficultés elle aussi.  Elle a traversé des moments terribles, mais elle a toujours été là pour moi.  Les derniers jours, c’est moi qui étais là pour elle.  Je lui parlais, je la caressais pour qu’elle sente l’amour que j’avais pour elle.  Je n’avais aucune réaction de sa part, mais ce n’était pas grave, elle n’était pas seule.  J’étais là.

Je parlais au médecin qui me disait qu’elle était gravement malade, mais qu’elle était stable.  J’étais objective, mais je savais que rien n’était gagné.  Elle pouvait partir n’importe quand.  Les spécialistes étudiaient son cas à la loupe pour trouver le meilleur traitement pour elle, mais ils ne savaient pas si elle allait se réveiller ni si elle était opérable pour l’ablation de sa tumeur.  Tout ce que je demandais moi, c’était qu’elle ne souffre pas et j’allais tout faire pour qu’elle soit le mieux possible.

Nous sommes le 2 janvier 2016 et comme à tous les jours depuis une semaine, je me rendais à l’hôpital pour la voir.  En entrant dans sa chambre, je lui dis:  « Bonjour ma tante » et à ma grande surprise, elle ouvre les yeux et me regarde.  Je lui dis : « Ma tante, c’est Vicky. Me reconnais-tu? »  Elle me fait signe que oui.  Elle est sous respirateur, elle ne peut pas parler mais elle communique par signe et pour moi c’est un exploit.  Je lui demande de me serrer la main si elle me comprend bien et elle me serre les doigts pour me dire qu’elle comprend.  Elle répond aux consignes que je lui demande.  Je suis aux anges.  Elle n’est pas tirée d’affaire car nous ne savons pas si elle est opérable ou non.  Je vivais peut-être mes derniers moments avec elle, mais au moins, elle était consciente qu’elle n’était pas seule.  J’allais être là jusqu’à la fin.  Jusqu’à la fin de sa maladie ou la fin de sa vie, mais j’allais être là, avec elle.  Pour le reste, c’est la vie qui s’en chargerait. Rien n’était joué tant que la cloche n’avait pas sonné.  Je restais optimiste pour la suite.

Souvent, les gens autour de nous nous disent, quand nous recevons le diagnostic de nos enfants, vous êtes chanceux, ils ne sont pas mourants.  Cette phrase me tapait tellement sur les nerfs…  Aujourd’hui, je la dis par contre… Oui, je suis chanceuse, je vis avec le TDA/H-TSA-dyslexie/dysorthographie de mes enfants, mais ils ne sont pas mourants.  Les difficultés sont toujours là, je sais qu’il reste encore beaucoup de travail à faire, mais je sais aussi que je vais avoir la chance de les voir se lever demain et que je vais pouvoir les serrer dans mes bras encore une autre journée, si la vie me le permet.

Ma demande à la vie? Je ne demande que la santé. Pour moi, pour mes enfants, Pour vous.  C’est un coup de dé, mais je tente ma chance.

Malheureusement, ma tante nous a quittés le 8 janvier dernier.  Elle était entourée de sa famille et de plein d’amour.  La suite a été dure, mais j’étais présente à son départ et j’ai pu lui dire que je l’aimais très fort.  Son souvenir restera à jamais gravé dans mon cœur.  Je t’aime ma Tante Monique.  Xx

Vicky

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Vicky Mc Carthy est une femme dans la quarantaine un peu cinglée. Mariée à un hypothétique TSA, elle est aussi maman de 4 amours, tous TDA/H avec de la dyslexie/dysorthographie pour la plus vieille et TSA pour le plus jeune. Elle essaie de voir le bon en chaque personne et d’avoir une opinion sur un peu tous les sujets. Sa préoccupation première est sa famille mais aussi d’avoir un bon gros morceau de chocolat pour les baisses de positivisme. Elle aime faire des « jokes » plates selon ses enfants mais à la longue, on finit par aimer son humour et son franc-parler. Travaillant dans le domaine de la santé, elle se donne corps et âme pour le bon développement de sa sacro-sainte progéniture dans leur diagnostic, dans leur développement scolaire et dans leur vie. Bienvenue dans ce tutti-fruitti