Être mère de jeunes adultes

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Je suis la maman de quatre beaux enfants.  Oui, oui, je suis folle comme ça, j’ai décidé d’en avoir quatre!  Comme on ne choisit pas le sexe de nos bébés nous, les femmes, j’ai eu trois filles et un garçon.   20 ans, 18 ans, 10 ans pour mes filles et 8 ans pour mon garçon.  Ok, il y a 7 ans entre la deuxième et la troisième mais nous sommes une famille tout à fait normale… une famille recomposée!

Je me rappelle quand j’étais jeune, j’étais insouciante, fonceuse, baveuse, pour ne pas dire grande gueule même.  Je sortais la nuit de chez moi par la fenêtre de ma chambre (nous restions dans un sous-sol, alors c’était facile) pour aller rejoindre ma meilleure amie qui restait à quelques maisons de chez moi.  On se promenait partout dans le village jusqu’à 2h-3h du matin pour ensuite retourner chacune chez soi.  On partait en auto avec seulement un permis temporaire, faire une virée dans les « petites rues » et essayer de revenir à la maison sans se faire prendre par nos parents.  Ou bien on allait veiller dans les bars sans avoir l’âge pour entrer.  Seigneur que c’était la belle vie sale de mon adolescence.

Je retourne à ma progéniture.  Mes quatre enfants ont un diagnostic.  Tous TDA.  Dyslexie/dysorthographie pour ma plus vieille et TSA pour mon plus jeune en plus.  Vous me direz que j’ai déjà assez de soucis comme ça?  Eh! Bien non.  Je suis la mère de jeunes adultes.  Presque 21 ans pour ma grande fille qui, dans ma tête, est encore un bébé.  Je suis fière de la femme qu’elle devient et du parcours de vie qu’elle veut prendre sauf que…

On éduque nos enfants à faire attention aux inconnus quand ils sont jeunes, à Internet quand ils deviennent ados, mais adultes, c’est plus dur de leur dire de faire attention, car ils croient que rien ne peut leur arriver.  La fameuse pensée magique du « ça arrive juste aux autres. » « Maman tu m’énerves!  Arrête, chu pu un bébé! »  La pomme ne tombe jamais bien loin de l’arbre et ma fille ne retient pas du voisin.  Comme sa mère, elle aime s’amuser.

Ma grande a été invitée chez une amie pour un party maison.  L’amie en question est une collègue de travail de ma grande et la maison lui appartient.  Mon mari va la reconduire à 22h et il revient à la maison en me disant que ma grande va prendre un taxi pour revenir à la maison.  Super, je suis fière que mes nombreux discours sur la sécurité en boisson soient entrés dans sa caboche et c’est rare qu’elle ne boit pas raisonnablement.  Je vais me coucher l’esprit tranquille. Du moins, autant que l’on peut être tranquille quand un de nos enfants n’est pas à la maison. Il est 2h30 du matin et le téléphone sonne.  Je peux vous dire que ça réveille mal en chien car quand ça sonne à cette heure-là, c’est que quelque chose est arrivé.  C’est le numéro de cellulaire de ma grande, mais ce n’est pas sa voix.  J’ai le cœur sur le bord des lèvres, mais la voix s’identifie et je reconnais un ami de ma fille.  Il faut aller la chercher car elle est trop maganée de boisson pour prendre un taxi.  Mon mari va la chercher et arrivé à la maison, je constate qu’effectivement, ma fille est saoule. Elle a toujours été responsable quand elle buvait et oui elle a déjà été « feelling » mais là, c’est sur le bord du coma éthylique.

Je l’ai veillée, tenue les cheveux pendant qu’elle jasait avec le téléphone blanc (toilette), dormie sur le divan à côté d’elle pour être sûre qu’elle respirait comme il faut car elle hyper ventilait.  Vivre un stress pas possible car j’aime ma fille plus que tout au monde, mais je suis en colère contre ce qui arrive.  Mais à quoi elle a pensé???

On a jasé le lendemain, quand elle était en mesure de comprendre que le téléphone blanc ne lui répondrait pas.  Elle me disait qu’elle n’avait pas beaucoup mangé, qu’elle avait bu vite et mélangé deux sortes de boissons sucrées. J’ai écouté son histoire et je me suis souvenue que moi aussi, quand j’avais son âge, j’ai eu mes expériences avec le fameux téléphone.  Mais je suis une maman maintenant.  Je peux-tu vous dire qu’elle a su que j’avais été stressée une partie de la nuit à cause de son état et que c’est normal que je lui fasse la morale car je suis sa mère?!?!

Ma grande a compris et elle s’est excusée, car elle s’est aperçue que d’être malade de boisson, ce n’est pas l’fun. Je crois qu’elle a appris dans sa bêtise (Oh! Mon Dieu, je l’espère!).  Et moi, je dois apprendre à lui faire confiance car je crois que je l’ai bien éduquée.  Du moins, j’ai fait de mon mieux.  Mais je ne sais pas comment je vais faire pour m’en sortir quand elle va partir de la maison!?!? Et j’en ai trois autres après elle… Ah!!! Misère…

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Vicky Mc Carthy est une femme dans la quarantaine un peu cinglée. Mariée à un hypothétique TSA, elle est aussi maman de 4 amours, tous TDA/H avec de la dyslexie/dysorthographie pour la plus vieille et TSA pour le plus jeune. Elle essaie de voir le bon en chaque personne et d’avoir une opinion sur un peu tous les sujets. Sa préoccupation première est sa famille mais aussi d’avoir un bon gros morceau de chocolat pour les baisses de positivisme. Elle aime faire des « jokes » plates selon ses enfants mais à la longue, on finit par aimer son humour et son franc-parler. Travaillant dans le domaine de la santé, elle se donne corps et âme pour le bon développement de sa sacro-sainte progéniture dans leur diagnostic, dans leur développement scolaire et dans leur vie. Bienvenue dans ce tutti-fruitti