Non, mais tsé…

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Qu’est-ce que c’est que cette légion de « propagateurs » de stupidités qui semblent sortir de toutes les crevasses de l’ignorance? Je n’arrive pas à comprendre qu’en 2017, les gens ne comprennent pas que les vaccins ne causent pas l’autisme. Que l’autisme n’est pas une maladie, que ça ne se guérit pas. Que l’autisme est une façon différente de voir, de percevoir, de réagir à l’environnement. C’est une façon différente de comprendre, de traiter l’information.

Comment se fait-il que la société, avec toute l’information partagée, croit encore que l’autisme est une maladie qu’il faut guérir? Que l’autisme se guérit en instaurant une diète draconienne? Que certains croient que l’autisme découle de la nutrition inadéquate de la mère? Bravo de tout remettre une fois de plus sur le dos de la mère! N’oublions pas que pendant des décennies, les mères se voyaient pointer du doigt comme étant la cause de l’autisme de leur enfant parce qu’elles étaient froides, indignes, inadéquates…

Pourquoi encore aujourd’hui tant de gens doivent se faire expliquer qu’un vaccin n’empêche pas nécessairement d’avoir une maladie, mais réduit significativement les risques de développer cette maladie si nous sommes en contact? Qu’il diminue la gravité des symptômes et leurs impacts sur la personne si celle-ci contracte la maladie? Pourquoi doit-on encore expliquer qu’il est possible qu’une personne fasse une réaction allergique, mais que le pourcentage de gens qui réagissent est infime? Pourquoi faut-il encore expliquer qu’en ne vaccinant pas, on met à risque tous ceux qui, pour des raisons médicales, ne peuvent être vaccinés; les allergiques, ceux sous traitement de chimio ou radio, tous ceux qui ont un système immunitaire déficient?

Pourquoi dois-je, chaque fois que je mentionne le diagnostic de mon fils, que celui-ci n’implique pas automatiquement qu’il dise des gros mots? Pourquoi dois-je expliquer que son refus de manger est dû à un trouble d’intégration de la modulation sensorielle et que non, je ne lui mets pas de « repas » comme tel dans sa boite à lunch, mais qu’il y retrouve malgré tout une variété d’aliments pour le nourrir? Pourquoi devrais-je avoir à justifier mes choix pour mon enfant quels qu’ils soient?

Pourquoi tant de gens voient-ils encore la maladie mentale ou les troubles neurologiques comme quelque chose qu’il faut cacher, dont il ne faut pas parler? Pourquoi la dépression est-elle encore trop souvent étiquetée comme un signe de faiblesse, alors que la plupart du temps, les gens souffrant de dépression sont ceux qui ont fait preuve de force durant trop longtemps, en cachant leurs moments de faiblesse au monde, de peur d’être justement jugés?

Pourquoi ai-je constamment le besoin de revêtir une carapace quand je sors en public car je sais que mon fils attirera immanquablement le regard de certains? Pourquoi ai-je si souvent un besoin de grimper sur une estrade pour crier au monde entier qu’il est imbécile de ne pas voir la beauté de la diversité neurologique?  Qu’il est stupide de ne pas comprendre toute la richesse que peuvent apporter les différences quelles qu’elles soient?

Note à moi-même : il faut vraiment arrêter de lire les commentaires sous les articles…

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Éducatrice à la petite enfance depuis une vingtaine d’année, adepte de l’entrainement en force pour ne pas perdre complètement la tête, Nancy Ringuet, très possiblement TDAH, est maman de deux garçons à diagnostics : un grand TDA sévère et un plus jeune SGT, TDAH impulsivité mixte et TOP. C’est un long combat qui aura mené aux diagnostics du plus jeune, et un long combat qui s’engage pour faire reconnaître ses besoins. Passionnée de recherches et assoiffée d’en apprendre plus, elle fouille le net sous toutes ses coutures. Elle partagera ici des textes et réflexions sur ce vécu différent de mère chef de famille, avec un conjoint dont le travail l’amène à être absent.